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Le bonheur - dissertations de philosophie

  • Dépend-il de nous d'être heureux ?
  • Désirer est-ce nécessairement souffrir ?
  • Accomplir tous ses désirs est-ce une bonne règle de vie ?
  • Doit-on tout faire pour être heureux ?
  • Est-il absurde de désirer l'impossible ?
  • Est-il légitime de rechercher son bonheur ?
  • Être heureux, est-ce chercher à satisfaire tous ses désirs ?
  • Faut-il avoir peur de ses désirs ?
  • Faut-il changer ses désirs ou l’ordre du monde ?
  • Faut-il choisir entre la vertu et le bonheur ?
  • Faut-il condamner l’amour de soi ?
  • Faut-il lutter contre ses désirs ?
  • Faut-il renoncer aux désirs pour être heureux ?
  • Faut-il s'abstenir de penser pour être heureux ?
  • Faut-il satisfaire tous ses désirs ?

Dissertations corrigés de philosophie pour le lycée

Catégorie : Le bonheur

Le bonheur, idéal ultime de la vie, est le moteur de nos actions et de nos aspirations. Il soulève des questions essentielles sur la nature du contentement, sur ce qui donne un sens à nos existences, et sur les chemins que nous empruntons pour y parvenir. La philosophie nous invite à explorer les concepts de félicité, de satisfaction, et les voies vers un bien-être profond.

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Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?

Dans un élan d’interrogation métaphysique, on questionne la nature du désir en lien avec la souffrance. Désirer, est-ce nécessairement souffrir ? Voilà une problématique qui pousse à étudier la dimension existentielle du désir, et sa fusion intrinsèque avec la douleur.

  • Dissertations
  • La conscience

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Est-ce à la loi de décider de mon bonheur ?

L’interrogation « Est-ce à la loi de décider de mon bonheur ? » soulève des questions complexes liées à la liberté individuelle, au rôle des institutions et à la définition même du bonheur. Cette dissertation se propose d’analyser ces aspects de manière critique.

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Avons-nous le devoir de faire le bonheur des autres ?

Au cœur de nombreux débats éthiques et philosophiques se trouve cette interrogation : avons-nous le devoir de faire le bonheur des autres ? Cette question brasse de vastes concepts tels que la responsabilité individuelle, l’altruisme et l’égoïsme.

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Dépend-il de nous d’être heureux ?

La question de savoir si notre bonheur dépend de nous-même peut nous conduire à réfléchir profondément dans un cadre philosophique. Cette dissertation se concentrera sur cette problématique, en analysant diverses perspectives et arguments.

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Devons-nous chercher à être heureux ?

Le bonheur, concept central, omniprésent dans nos sociétés actuelles, est-il véritablement un objectif à poursuivre ? Devons-nous réellement chercher à être heureux ? Cette dissertation vise à analyser ces questionnements d’un point de vue philosophique.

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Notre bonheur doit-il quelque chose à la chance ?

La dissertation philosophique sur le thème « Notre bonheur doit-il quelque chose à la chance ? » se penche sur la question de savoir si le bonheur est le fruit du hasard ou le résultat de nos actions et décisions.

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Le bonheur peut-il se passer de liberté ?

La dissertation philosophique qui suit se penche sur la question complexe du lien entre bonheur et liberté. Peut-on réellement être heureux sans être libre ? Ou la liberté est-elle une condition sine qua non du bonheur ?

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Le bonheur est-il affaire de raison ?

La question de savoir si le bonheur est une affaire de raison est l’une des interrogations les plus profondes et fascinantes de ce domaine.

La quête du bonheur est-elle vaine ?

La quête du bonheur est-elle vaine ?

La quête du bonheur est un sujet universel et intemporel qui suscite de nombreux débats. Cette dissertation explorera si cette quête est vaine, en analysant les différentes perspectives philosophiques, psychologiques et sociologiques, afin de comprendre si la poursuite du bonheur est une entreprise futile ou une nécessité humaine.

Un ours cherchant son devoir parmi les étoiles

Suffit-il de remplir ses devoirs pour être heureux ?

La dissertation philosophique qui suit explore la question de savoir si le simple fait de remplir ses devoirs est suffisant pour atteindre le bonheur. Cette interrogation nous invite à réfléchir sur la nature du bonheur et le rôle des obligations dans notre quête de satisfaction personnelle.

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Une vie heureuse est-elle une vie de plaisirs ?

La question de savoir si une vie heureuse est nécessairement une vie de plaisirs est un sujet complexe et débattu en philosophie. Cette dissertation explorera les différentes perspectives philosophiques sur le bonheur, le plaisir et leur interrelation, afin de déterminer si le plaisir est essentiel à une vie heureuse.

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Exemples de sujets de dissertation de philosophie sur le bonheur

Quels sujets possibles pour une dissertation en philosophie sur le bonheur ? Le bonheur dépend-il de nous ? Entre la vertu et le bonheur, où se situe l'Homme ? Etc.

Dissertation sur le bonheur

Credit Photo : Pexels Lisa Fotios

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Sujet 1 - Le bonheur dépend-il de nous ? Sujet 2 - Entre la vertu et le bonheur, où se situe l'Homme ? Sujet 3 - Est-il naturel de vouloir être heureux ? Sujet 4 - La raison est-elle le chemin du bonheur ? Sujet 5 - La recherche du bonheur dure-t-elle toute une vie ?

Sujet 1 - Le bonheur dépend-il de nous ?

Il y a une recherche incessante du bonheur qui nous amène à tomber dans une sorte d'obsession, sans savoir exactement ce que c'est que le bonheur ni comment on peut l'avoir. Le bonheur est l'état dans lequel tous les êtres humains aimeraient se trouver. Mais sait-on dans quelle mesure être heureux dépend de soi-même ?

Tout d'abord, pour savoir ce qu'est vraiment le bonheur, il faudrait se poser une question : qu'est-ce que le bonheur pour moi ? La réponse peut être quelque peu complexe et pleine de nuances différentes pour chacun de nous. Ces nuances nous indiquent que le bonheur n'est pas quelque chose qui existe dans les circonstances dans lesquelles nous vivons, mais plutôt quelque chose qui est en nous-mêmes, dans la façon dont nous vivons ces expériences.

John Locke a dit : « Les hommes oublient toujours que le bonheur humain est une disposition de l'esprit et non une condition de circonstances ».

Sujet 2 - Entre la vertu et le bonheur, où se situe l'Homme ?

Comment être heureux ? Quel est le bien propre et spécifique de l'homme ? Comment l'homme devrait-il ordonner sa vie pour atteindre le bonheur ? Qu'est-ce que la vertu et comment est-elle liée au bonheur ? Le bien et l'heureux coïncident-ils dans le vertueux ? Sommes-nous liés par le bonheur ou pouvons-nous vraiment choisir de ne pas être heureux ?

D'après Aristote :

  • Le bonheur est ce vers quoi toutes les actions humaines sont dirigées.
  • Le bonheur est synonyme de perfection.
  • Le bonheur constitue l'activité la plus excellente et la plus élevée de l'être humain.
  • Le bonheur est un bien autarcique, il est recherché et vaut pour lui-même et non pour atteindre un autre bien
  • Le bonheur doit rendre l'homme bon.

Sujet 3 - Est-il naturel de vouloir être heureux ?

Nous avons parfois l'impression que le bonheur n'est plus un but ou un simple état à jouir, mais plutôt une obligation. Il faut être heureux à tout moment, pour tout et, dans la mesure du possible, faire participer les autres à ce bonheur.

Et si le bonheur n'était pas ce que l'on nous a fait croire ?

Dans le roman Madame Bovary , de Flaubert , l'auteur essaye de nous transmettre un message sur le bonheur au travers du personnage d' Emma , qui veut connaître la signification exacte des mots bonheur, passion et aliénation. Sommes-nous des Emma Bovary ?

Sujet 4 - La raison est-elle le chemin du bonheur ?

La philosophie dit que la raison n'est pas un attribut exclusif du rationalisme. De même, l'empirisme - la théorie « opposée » au rationalisme - ferait usage de la raison. En ce sens, Spinoza est un rationaliste radical, absolu, puisqu'il part de l'idée que, par la raison, l'être humain est capable de comprendre la structure (rationnelle) du monde qui l'entoure.

Ainsi, Spinoza dit que la philosophie n'est rien d'autre que la connaissance divine. C'est le mode suprême de connaissance. Et, c'est là que résident à la fois la liberté et le bonheur que nous recherchons dans la vie.

Sujet 5 - La recherche du bonheur dure-t-elle toute une vie ?

Personne ne naît heureux ou malheureux, il n'y a pas de gène connu pour le bonheur. Ceci n'est pas hérité, il doit être gagné tout au long de la vie.

La prétention d'atteindre le bonheur (une sorte de bien-être subjectif) c'est quelque chose de complexe. Il a été souligné que le bonheur n'est pas une destination, mais plutôt une attitude avec laquelle on voyage dans la vie. En médecine, en termes holistiques, le bonheur serait de vivre en paix, d'un point de vue psychologique, avec nous-mêmes, avec une bonne relation familiale et avec d'autres personnes dans l'environnement où nous vivons, d'être en bonne santé et avoir un bon état physique ; mais, est-ce possible de trouver le bonheur où il ne s'agit que d'un idéal ?

Kant dit que « Le bonheur est un idéal, non de la raison, mais de l'imagination, fondé uniquement sur des principes empiriques ».

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Bac philo : sujets et proposition de corrigé sur le bonheur

Hans Limon

  • 15 juin 2023
  • Actualités , Actualités pédagogiques , Baccalauréat , Philosophie

Les sujets du bac philo 2023

Filière générale :

  • Le bonheur est-il affaire de raison ?
  • Vouloir la paix, est-ce vouloir la justice ?
  • Un extrait de  La Pensée sauvage  (1962), de Claude Lévi-Strauss

Filières technologiques :

  • L’art nous apprend-il quelque chose ?
  • Transformer la nature, est-ce gagner en liberté ?
  • Un extrait de la  Théorie des sentiments moraux  (1759) d’Adam Smith

Proposition de corrigé : le bonheur est-il affaire de raison ?

Introduction

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«  Ignorance is bliss  », affirme Cypher, personnage du film de science-fiction  The   Matrix  (1999) préférant être réencodé dans la simulation heureuse de la matrice plutôt que de vivre lucide au beau milieu d’un « désert du réel » au ciel obscurci, dominé par l’intelligence artificielle et le machinisme totalitaire. Avec cette sentence émerge la question de la nature du bonheur : réclame-t-il une part de calcul, de maîtrise et de prévision, un effort d’honnêteté, de réflexion, une conduite morale conforme à certains principes déontologiques, ou n’est-il qu’un état de satisfaction reposant sur la puissance des désirs et faisant feu du bois de l’ignorance, de l’illusion, du matérialisme et de la sensualité ? Le bonheur, étymologiquement affaire de chance, est-il à la portée de notre libre arbitre ? Peut-on travailler à être heureux ou faut-il, au contraire, en opportuniste guettant la moindre occasion, s’y abandonner ? Plutôt que sur la raison, le bonheur ne repose-t-il pas sur la passion ? Est-il marqué du sceau de l’égoïsme ou de la moralité ? Enfin, peut-on à coup sûr se rendre heureux ? Existe-t-il une technique du bonheur ? Dans quelle mesure peut-on se rendre soi-même heureux ? Voici quelques pistes de réflexion, à rédiger et à développer.

Première partie : le bonheur, une affaire de passion ?

L’évidence première définit le bonheur comme un état durable – à distinguer de la joie éphémère – découlant de la satisfaction de tous nos désirs.

  • Calliclès, rhéteur du  Gorgias  de Platon et chantre de « la justice selon la nature », ne conçoit de bonheur que dans l’accroissement des désirs et leur satisfaction subséquente.
  • De son côté, l’utilitarisme prône une moralité basée sur le bonheur du plus grand nombre, au niveau individuel comme au niveau collectif. Ce bonheur étant garanti par un calcul félicifique contrebalançant avantages et inconvénients.
  • Étymologiquement reliée à l’idée de calcul, la raison semble quelque peu abstraite, desséchante et théorique. Plaçant la vie au-dessus de la vérité, Nietzsche n’hésite pas à vanter les vertus de l’oubli et le pouvoir de l’illusion, notamment dans sa dimension artistique. 
  • La psychanalyse freudienne décrit l’économie pulsionnelle par l’intermédiaire du principe de plaisir. Le but de tout désir est d’obtenir satisfaction. En nous confrontant aux limites, normes et interdictions en tous genres, la raison nous précipite dans l’abîme douloureux et maladif du refoulement. 
  • Enfin, que peut l’aride raison aux principes universels face au subjectivisme de fond de tout bonheur ? Quelle prise a-t-elle sur le hasard, dont la faveur et la défaveur peuvent déterminer la trajectoire d’une vie ?

Transition Un bonheur fondé sur la passion n’est-il pas un bonheur animal ? N’y a-t-il pas un bonheur spécifiquement humain dont la raison serait la condition ?

Deuxième partie : la raison au service du bonheur 

En tant qu’instrument – propre à l’homme – permettant de dissocier le vrai du faux, le bon du mauvais, le bien du mal, la raison est garante d’un bonheur sage, stable et équilibré. Il existe donc une dichotomie entre un bonheur animal, matériel, et un contentement consubstantiel à la moralité.

  • Socrate n’hésite pas à qualifier l’homme selon Calliclès de «  pluvier  », un oiseau qui mange et fiente en même temps. Le bonheur platonicien est en effet le fruit d’une tempérance et d’une harmonie entre les trois parties de l’âme : l’ epithumia  ou désir, le  thumos  ou courage, et le  noûs (également  logistikon ) ou l’intellect. Vouloir satisfaire tous ses désirs revient à tenter de remplir un tonneau percé, en l’occurrence celui des Danaïdes.
  • Le bonheur du stoïcien n’est possible que par la distinction entre ce qui dépend de lui et ce qui n’en dépend pas, autrement dit de la prévalence lucide du principe de réalité sur le principe de plaisir. 
  • Aristote fait dépendre le bonheur de la vertu, juste mesure en toute chose acquise par l’habitude, et d’une activité conforme à la raison, part divine de l’homme.
  • Dans sa  Lettre à Ménécée , Épicure, en médecin de l’âme, propose une hiérarchisation éclairée des désirs menant à l’aponie, calme du corps, et à l’ataraxie, sérénité de l’âme.
  • Dans sa correspondance avec Élisabeth, fille du roi de Bohême, Descartes distingue bonheur et béatitude : cette dernière est la conséquence de la générosité, c’est-à-dire le bon usage de notre libre arbitre. S’illusionner revient selon lui à s’étourdir «  avec du pétun  », c’est-à-dire se perdre dans les fameux « paradis artificiels » : dans un langage sartrien, celui qui s’illusionne sait bien, au fond, qu’il s’illusionne. Son bonheur est donc fragile car incessamment menacé par l’immixtion de la réalité.

Transition La raison est-elle un instrument infaillible ? Le bonheur s’offre-t-il immanquablement à tout être raisonnable et moral ? Plutôt qu’un but accessible par une conduite conforme aux prescriptions de l’intelligence et aux injonctions du devoir, le bonheur n’est-il pas un idéal de l’imagination ?

Troisième partie : les limites de la raison et le bonheur comme idéal de l’imagination 

On peut être sensé, altruiste et lucide, sans toutefois être heureux. Si elle est nécessaire au bonheur, la raison n’y suffit pas pour autant.

  • Kant opère une distinction entre doctrine de la vertu et doctrine de la prudence : agir par devoir relève de l’évidence et d’un impératif catégorique, quand se rendre heureux dépend d’impératifs hypothétiques, c’est-à-dire de conseils dont l’effet n’est jamais garanti.
  • Aristote lui-même n’hésite pas à préciser qu’un sage, même vertueux, ne peut pas être heureux si la fortune s’acharne contre lui. Comment, en effet, accéder à la béatitude si je suis enchaîné à une roue en feu qui ne cesse de tourner ?
  • D’autres moyens d’accès au bonheur sont à envisager : la sensibilité, l’intuition ou ce que Pascal, dans ses  Pensées  (1670), nomme « vérités de cœur », par opposition aux « vérités de raison ». Dieu étant l’une de ces vérités de cœur.
  • La lucidité, comme l’explique Kant, est bien souvent une cause de tristesse (d’après l’expression qui lui est consacrée, c’est l’imbécile qui est heureux). Le respect de la loi morale, elle-même identifiée comme fait de la raison ( factum rationis ), ne conduit pas nécessairement au bonheur. Le pouvoir des hommes se limite à s’en rendre digne. Pris en lui-même, le bonheur n’est qu’un idéal de l’imagination qu’un sage peut rechercher, sans l’atteindre, toute une vie durant. Devant cette injustice, la raison n’est aucunement démunie : elle postule un Dieu justicier qui, dans l’au-delà, récompensera – proportionnellement – la moralité par le bonheur.

Conclusion 

Le bonheur n’est pas le fruit du pur hasard, pas plus qu’il n’est la somme d’un calcul savant. Il peut aussi consister en un « lâcher-prise » ou une « intensification du sentiment d’exister » telle que la décrit Rousseau dans Les Rêveries du promeneur solitaire  (1782) : un abandon au pur et simple temps présent. Reste à savoir si l’on peut invoquer une raison collective – une raison d’État ? – garante d’un droit au bonheur que stipule – entre autres – la constitution américaine. Et si, individuel comme collectif, le bonheur est la responsabilité de chacun, n’est-il pas – de nos jours – irrémédiablement conditionné par les médias et les réseaux sociaux ? La sentence de Cypher ne serait-elle pas, dans cette mesure, plus raisonnable qu’il y paraît ?

*Hans Limon est professeur de philosophie au lycée Louis-Massignon d’Abu Dhabi et chargé de projets culturels.

L’École des lettres est une revue indépendante éditée par l’école des loisirs . Certains articles sont en accès libre, d’autres comme les séquences pédagogiques sont accessibles aux abonnés.

Hans Limon

  • Philosophie niveau bac 2024
  • La morale et la politique, bac 2024

Le bonheur, philosophie- Peut-on être heureux sans être libre? En étant injuste? Pour trouver le bonheur,faut-il le chercher?

Qu'est-ce que le bonheur définir pour problématiser -l’eudémonisme antique -conception aristotélicienne , épicurienne,stoïcienne-le bonheur est-il la satisfaction de tous les désirs platon, gorgias-, faut-il préférer la vérité à son bonheur les lois peuvent-elles faire le bonheurprogramme bac de philosophie 2024.

Qu'est-ce que le bonheur? Le manuel de philosophie 

Les incontournables pour comprendre le concept de bonheur en philosophie

Faut-il préférer la vérité à son bonheur?

les corrigés des sujets de philosophie bac Liban 2019, série ES

Les lois peuvent-elles faire le bonheur? philosophie 2019 métropole, séries technologiques

Qu'est-ce que le bonheur? Définir pour problématiser

Etymologiquement :

Etymologiquement,  bonheur  fait référence à  « la chance, au hasard. »   vient de l’expression « bon eür ». « Eür » est issu du latin augurium qui signifie  « chance », c’est l’appui des dieux.

Le bonheur, c'est en français la chance, mais aussi l'état de la conscience pleinement satisfaite. (Dictionnaire Le Robert).

On distinguera le bonheur de la joie ou du plaisir : le bonheur renvoie à un état de satisfaction durable (une joie peut être éphémère) et profond (un plaisir peut être superficiel).

Si l'on définit le bonheur par sa durée, quels problèmes pose cette définition? 

 Le bonheur est-il une illusion? 

Dépend t'-il de nous d'être heureux? 

Autrui peut-il faire mon bonheur? 

Le bonheur est défini comme un état durable de satisfaction de tous les désirs . Est heureux celui qui ne souffre plus d’aucun manque ou frustration ( désir insatisfait), ni d’aucune angoisse (peur qu’un désir se trouve insatisfait). (Voir la doctrine épicurienne du bonheur, selon laquelle le bonheur est un état de “plénitude”, où ne subsiste aucun trouble de l’âme ni du corps.)

Mais le bonheur est difficile à définir dans la mesure où il est une affaire individuelle voici ce qu’en dit le philosophe  Blaise Pascal  :  « Tous les hommes recherchent d’être heureux ; cela est sans exception ; quelques différents moyens qu’ils y emploient, ils tendent tous à ce but. Ce qui fait que les uns vont à la guerre, et que les autres n’y vont pas, est ce même désir, qui est dans tous les deux, accompagné de différentes vues. La volonté [ne] fait jamais la moindre démarche que vers cet objet. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre »   Blaise Pascal, Pensées.

Quelques définitions du bonheur

Aristote  : “S’il est vrai que le bonheur est l’activité conforme à la vertu, il est de toute évidence que c’est celle qui est conforme à la vertu la plus parfaite, c’est-à-dire celle de la partie de l’homme la plus haute. C’est l’activité de cette partie de nous-mêmes, activité conforme à sa vertu propre qui constitue le bonheur parfait”

Kant : “Le pouvoir, la richesse, la considération, même la santé ainsi que le bien-être complet et le contentement de son état, est ce qu’on nomme le bonheur”

L’eudémonisme antique - La conception aristotélicienne , épicurienne et stoïcienne - Le bonheur est le Bien suprême selon l’eudémonisme

L’eudémonisme antique

Dans la philosophie antique, le bonheur est le souverain Bien, c’est-à-dire, la fin suprême à laquelle toutes les autres fins sont subordonnées. Le bonheur par conséquent n’est pas un don. Il est en notre pouvoir. Par opposition à la pensée commune, il est nécessaire d’opposer le plaisir et le bonheur. Le plaisir est éphémère tandis que le bonheur par opposition à l’agréable est durable. Donc le plaisir et l’agréable peuvent tout au plus en être l’accompagnement.

La conception aristotélicienne , épicurienne et stoïcienne

Selon Aristote , Épicure et les stoiciens, le bonheur est durable; il n’est pas dissociable d’une vie vertueuse fondée sur la raison ;La raison est le propre de l’homme, elle doit guider ses choix.

Une vie heureuse serait par conséquent une vie conforme à la raison .

le bien pour l’homme consiste dans une activité de l’âme en accord avec la vertu, et, au cas de pluralité de vertus, en accord avec la plus excellente et la plus parfaite d’entre elles. Mais il faut ajouter : « et cela dans une vie accomplie jusqu’à son terme », car une hirondelle ne fait pas le printemps, ni non plus un seul : et ainsi la félicité et le bonheur ne sont pas davantage l’œuvre d’une seule journée, ni d’un bref espace de temps.

Aristote , Ethique à Nicomaque, I, 6

Pour Épicure, il faut régler ses désirs sur la nature. Pour les stoiciens, l’homme doit accepter l’ordre du monde. Le bonheur est une absence de trouble. Pour Aristote, le bonheur est l’activité et la vertu propres à chaque être. Celle de l’homme est de penser; une vie heureuse est une vie pleinement humaine c’est-à-dire, délivrée du besoin et tournée vers l’intelligence.

Le bonheur est le Bien suprême selon l’eudémonisme

L’eudémonisme est donc une morale qui affirme que le bonheur est le Bien suprême. Selon Aristote , le bonheur est la fin anhypothétique, elle ne suppose aucune autre fin en dehors d’elle, vis-à-vis de la vie morale. Si nous désirons santé, beauté, richesse, c’est toujours en vue du bonheur. Pour savoir en quoi consiste le bonheur qui est la fin propre, il faut noter que tout homme vise sa fin propre lorsqu’il accomplit sa fonction propre. Aristote appelle vertu cet accomplissement d’une fonction, par exemple la vertu de l’œil est de voir. La fonction de l’homme, c’est la vie selon la raison; c’est par la vertu que l’on atteint le bonheur; elle nous pousse à rechercher la juste mesure; de cette orientation théorique de l’éthique découlent des impératifs en particulier celui-ci :

Une notion grecque , le kairos , le moment opportun

Cela suppose le respect du kairos : le moment opportun. Il faut savoir choisir le bon moment pour agir car il y a mille façons de mal faire tandis qu’il n’y en a qu’une pour bien faire. Le bonheur n’est pas le même pour tous car le choix de la juste mesure en quoi consiste la vertu dépend des circonstances dans lesquelles on se trouve et de la nature de chacun.

La conception épicurienne et stoicienne

L’ eudémonisme d ’ Épicure et des stoiciens est plus subjectif; le bonheur est la possession des biens mais il ne dépend pas de nous de les posséder. C ’ est pourquoi le stoïcisme conseille de vouloir ce qui arrive. Seul le sage est heureux, c ’ est un épicurien car il sait régler ses désirs. « ? Il faut changer ses désirs plutôt que l ’ ordre du monde ? », est la citation qui illustre le mieux la conception épicurienne du bonheur. Ne désirant que ce qu ’ il peut obtenir, l ’ homme ne manque pas d ’obtenir ce qui désire .  Pour les stoïciens, le sage est celui qui met en conformité ses actions avec l’ordre de la nature. Le stoïcisme vise lui aussi l’ataraxie mais par la vertu et la raison. 

Epicure, Texte 1

Il faut se rendre compte que parmi nos désirs les uns sont naturels, les autres vains, et que parmi les premiers il y en a qui sont nécessaires et d’autres qui sont naturels, seulement. Parmi les nécessaires il y en a qui le sont pour le bonheur, d’autres pour la tranquillité continue du corps, d’autres enfin pour la vie même. Une théorie non erronée de ces désirs sait en effet rapporter toute préférence et toute aversion à la santé du corps et à la tranquillité de l’âme, puisque c’est la perfection même de la vie heureuse. Car tous les actes visent à écarter de nous la souffrance et la peur. Lorsqu’une fois nous y sommes parvenus, la tempête de l’âme s’apaise, l’être vivant n’ayant plus besoin de s’acheminer vers quelque chose qui lui manque, ni de chercher autre chose pour parfaire le bien de l’âme et celui du corps. C’est alors en effet que nous éprouvons le besoin du plaisir quand, par suite de son absence, nous éprouvons de la douleur ; mais quand nous ne souffrons pas, nous n’éprouvons plus le besoin du plaisir. Et c’est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse. C’est lui en effet que nous avons reconnu comme bien principal et conforme à notre nature, c’est de lui que nous partons pour déterminer ce qu’il faut choisir et ce qu’il faut éviter, et c’est à lui que nous avons finalement recours lorsque nous nous servons de la sensation comme d’une règle pour apprécier tout bien qui s’offre. 

Epicure, Lettre à Ménécée

Epicure, texte 2

Prends l’habitude de penser que la mort n’est rien pour nous. Car tout bien et tout mal résident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilité. Par conséquent, la connaissance de cette vérité que la mort n’est rien pour nous, nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d’une durée infinie, mais en nous enlevant le désir de l’immortalité.(…) Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d’horreur, la mort, n’est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n’est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n’existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu’elle n’a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. Mais la multitude tantôt fuit la mort comme le pire des maux, tantôt l’appelle comme le terme des maux de la vie. Le sage, au contraire, ne fait pas fi de la vie et il n’a pas peur non plus de ne plus vivre : car la vie ne lui est pas à charge, et il n’estime pas non plus qu’il y ait le moindre mal à ne plus vivre. De même que ce n’est pas toujours la nourriture la plus abondante que nous préférons, mais parfois la plus agréable, pareillement ce n’est pas toujours la plus longue durée qu’on vent recueillir, mais la plus agréable. Quant à ceux qui conseillent aux jeunes gens de bien vivre et aux vieillards de bien finir, leur conseil est dépourvu de sens, non seulement parce que la vie a du bon même pour le vieillard, mais parce que le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu’un.

Texte  Epictète

Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion, en un mot toutes nos oeuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos oeuvres propres. Les choses qui dépendent de nous sont naturellement libres, sans empêchement, sans entrave ; celles qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves*, facilement empêchées, propres à autrui. Rappelle-toi donc ceci : si tu prends pour libres les choses naturellement serves, pour propres à toi-même les choses propres à autrui, tu connaîtras l’entrave, l’affliction, le trouble, tu accuseras dieux et hommes ;mais si tu prends pour tien seulement ce qui est tien, pour propre à autrui ce qui est, de fait, propre à autrui, personne ne te contraindra jamais ni ne t’empêchera, tu n’adresseras à personne accusation ni reproche, ni ne feras absolument rien contre ton gré, personne ne te nuira ; tu n’auras pas d’ennemi ; car tu ne souffriras aucun dommage.  Toi donc qui poursuis de si grands biens, rappelle-toi qu’il faut, pour les saisir, te remuer sans compter, renoncer complètement à certaines choses, et en différer d’autres pour le moment. Si, à ces biens, tu veux joindre la puissance et la richesse, tu risques d’abord de manquer même celles-ci, pour avoir poursuivi ceux-là, et de toute façon tu manqueras assurément les biens qui seuls procurent liberté et bonheur. Aussi, à propos de toute idée pénible, prends soin de dire aussitôt : « Tu es une idée, et non pas exactement ce que tu représentes. » Ensuite, examine-la, éprouve-la, examine-la selon les règles que tu possèdes, et surtout selon la première, à savoir : concerne-t-elle les choses qui dépendent de nous ou celles qui ne dépendent pas de nous ? Et si elle concerne l’une des choses qui ne dépendent pas de nous, que la réponse soit prête : « Voilà qui n’est rien pour moi. »

Épictète, Manuel I 

LE STOICISME ET L’EPICURISME :

Similitudes et différences : Le but de ces deux philosophies est le bonheur, la sérénité, la tranquillité de l’âme.

Le bonheur est-il la satisfaction de tous les désirs? Platon, Gorgias

Platon, disciple de Socrate, se détourne de sa carrière politique à la mort de son maitre. Pour lui, le monde sensible est faux et laid. Seul le monde intelligible, celui des Idées, mérite notre attention.  Platon dans le Gorgias utilise  le dialogue, comme dans la plupart de ses œuvres.

Dans ce dialogue extrait du Gorgias, Platon fait dialoguer Calliclès et Socrate qui s’opposent sur la conception du bonheur… C’est évidemment le point de vue de Socrate que défend Platon.

CALLICLÈS  – si on veut vivre comme il faut, il faut laisser aller ses propres passions, si grandes soient-elles, au lieu de les réprimer. Au contraire, il faut être capable de mettre son courage et son intelligence au service de si grandes passions  et de les assouvir, elles et tous les désirs qui les accompagnent. Mais cela n’est pas, je suppose, à la portée de tout  le monde. C’est pourquoi la masse des gens blâme les hommes qui vivent ainsi, gênée qu’elle est de devoir dissimuler sa propre incapacité à le faire. La masse déclare donc bien haut que l’intempérance est une vilaine chose.  C’est ainsi qu’elle réduit à l’état d’esclave les hommes dotés d’une plus forte nature que celle des hommes de la masse ; et ces derniers, qui sont eux-mêmes incapables de se procurer les plaisirs qui les combleraient, font la louange de la tempérance et de la justice à cause de leur propre lâcheté. Car pour ceux qui ont hérité du pouvoir ou qui sont dans la capacité de s’en emparer (…), pour ces hommes-là, qu’est-ce qui serait plus mauvais que la tempérance ? ce sont des hommes qui peuvent jouir de leurs biens, sans que personne n’y fasse obstacle (…) La vérité, que tu prétends chercher, Socrate, la voici : si la vie facile, l’intempérance, et la liberté de faire ce qu’on veut, demeurent dans l’impunité, ils font l’excellence et le bonheur. Tout le reste, ce ne sont que de belles idées, des conventions faites par les hommes et contraires à la nature, rien que des paroles en l’air, qui ne valent rien.                                                                                          

SOCRATE — Ce n’est pas sans noblesse, Calliclès, que tu as exposé ton point de vue, tu as parlé franchement. Toi, en effet, tu as exposé clairement ce que les autres pensent  mais ne veulent pas dire. Je te demande donc de ne céder à rien, en aucun cas ! Comme cela, le genre de vie qu’on doit avoir paraîtra tout à fait évident. Alors expliques-moi : tu dis que, si l’on veut vivre tel qu’on est, il ne faut  pas réprimer ses passions, aussi grandes soient-telles, mais se tenir prêt à les assouvir par tous les moyens. Est-ce bien en cela que consiste [le bonheur et] l’excellence ?                                

CALLICLÈS-  Oui, je l’affirme !                                                                                                                                                                              

SOCRATE-  On a donc tort de dire que ceux qui n’ont besoin de rien sont heureux.                                                        

CALLICLÈS-  Oui, car, à ce compte, les pierres et les cadavres seraient très heureux.                                                               

SOCRATE  -Mais, tout de même, la vie dont tu parles, c’est une vie terrible ! 

(…) D’ailleurs, un sage  fait remarquer que, de tous les êtres qui habitent l’Hadès, le monde des morts, -là il veut parler du monde invisible- les plus malheureux seraient ceux qui, n’ayant pu être initiés, devraient à l’aide d’une écumoire apporter de l’eau dans une passoire percée. Avec cette écumoire, tou­jours d’après ce que disait l’homme qui m’a raconté tout cela, c’est l’âme que ce sage voulait désigner.  Oui, il comparait l’âme de ces hommes à une écumoire, l’âme des êtres irréfléchis est donc comme une passoire, incapable de rien retenir à cause de son absence de foi et de sa capacité d’oubli.

Ce que je viens de te dire est, sans doute, assez étrange; mais, pourtant, cela montre bien ce que je cherche à te faire comprendre. Je veux te convaincre, pour autant que j’en sois capable, de changer d’avis et de choisir, au lieu d’une vie déréglée, que rien ne comble, une vie d’ordre, qui est contente de ce qu’elle a et qui s’en satisfait.

Platon, Gorgias

Le bonheur, un idéal de l’imagination - Le christianisme et le kantisme - Le bonheur kantien est l’aboutissement historique du christianisme.

Le bonheur, un idéal de l’imagination

Nous devons pour répondre à la question, poser les difficultés pour définir ce concept de bonheur. Il n’y a pas de définition universelle possible car il n’est pas valable pour tous de la même façon. La définition est donc relative . Il échappe à la simple volonté. Pour Kant, c’est un idéal non de la raison mais de l’imagination donc il est impossible de le poser comme fin d’une action morale. Il est en conséquence impossible d’être heureux sans être vertueux et vertueux en étant malheureux. L’action morale n’est pas celle qui rend l’homme heureux mais celle qui le rend digne de l’être.

“[…] le malheur est que le concept* du bonheur soit un concept tellement indéterminé’ que, même si tout homme désire d’être heureux, nul ne peut jamais dire pourtant avec précision et en restant cohérent avec soi-même ce que vraiment il souhaite et veut. […]

[…] S’il veut la richesse, combien de soucis, quelle envie et que d’embûches ne risque-t-il pas d’attirer ainsi sur sa tête! S’il veut beaucoup de connaissances et de discernement, peut-être cela ne pourra-t-il que se transformer en un regard d’autant plus aiguisé pour lui montrer d’une façon seulement d’autant plus effrayante les maux qui jusqu’ici restent encore dissimulés à ses yeux et qui ne sauraient pourtant être évités, à moins que cela ne fasse que charger d’encore plus de besoins ses désirs, qu’il a déjà bien assez de difficulté à satisfaire. S’il veut une longue vie, qui va lui soutenir que ce ne serait pas là une longue misère ? S’il veut du moins la santé, combien de fois les ennuis physiques l’ont-ils préservé d’excès où l’aurait fait tomber une pleine santé, etc. Bref, il est incapable de déterminer selon un principe’ avec une complète certitude ce qui le rendrait vraiment heureux, — car pour cela l’omniscience serait indispensable. […J le bonheur est un idéal, non pas de la raison*, mais de l’imagination”.

Emmanuel KANT, Métaphysique des moeurs, t. I, Fondation (1785) 

Le christianisme et le kantisme

le christianisme condamne le bonheur et pose le salut de l’âme comme la seule fin digne d’un chrétien . St Just pose le bonheur comme un droit par opposition au christianisme . St Just considère que tous les hommes doivent être délivrés du besoin afin que chacun puisse rechercher son bonheur. C’est une exigence de justice que l’état doit satisfaire. Il s’agit de confier à l’état la charge du bonheur de chacun à travers la définition d’un bonheur commun : est-ce une utopie?

Avec le christianisme , l’idée grecque d’un bonheur assuré par la rationalité de l’action selon la juste mesure est éliminée; le bonheur n’est pas de ce monde; il faut s’occuper du salut de l’âme et non du bonheur concret de l’homme. L’homme ne tire pas le bonheur de lui-même mais d’une force en lui : la grâce divine . L’idéal chrétien ne recherche pas les impératifs du bonheur mais en fait une espérance, c’est le royaume des cieux.

Le bonheur kantien est l’aboutissement historique du christianisme.

Le bonheur est l’état dans le monde d’un être raisonnable à qui dans le cours de son existence, tout arrive selon son souhait et sa volonté. La moralité de nos actions ne peut consister en ce qu’elles nous procurent le bonheur. La diversité des mobiles est telle qu’il n’y aurait pas de loi morale. Pour cette raison , la moralité est indépendante des fins empiriques de l’action. A l’inverse, le bonheur ne peut pas découler de la moralité de nos actions, c’est-à-dire, de notre vertu puisque celle-ci ne consistant pas à vouloir quelque fin déterminée mais agis par respect de la loi morale, elle n’a aucun rapport nécessaire avec le bonheur dont la réalisation suppose qu’on agisse d’après la connaissance des lois naturelles. La seule possibilité de lier vertu et bonheur consiste à supposer l’immortalité de l’âme, l’existence de Dieu et un monde intelligible., il nous faut poser le royaume de Dieu dans lequel la sagesse divine rend possible l’harmonie de la volonté et de l’ordre des choses. Cela fait du bonheur la conséquence de la vertu.

La morale n’est pas la discipline qui nous enseigne comment être heureux mais comment nous devons nous rendre dignes du bonheur. Le point commun entre le kantisme et le christianisme est le suivant :

Ils font du bonheur une valeur morale

L'homme a le droit au bonheur, Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, 1776

Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur.

Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, 1776

Mais le bonheur n'est pas la seule valeur - Jean Anouilh, Antigone, 1944

ANTIGONE, doucement : – Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu’elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents sont petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard ?

CRÉON hausse les épaules : – Tu es folle, tais-toi.

ANTIGONE : – Non, je ne me tairai pas. Je veux savoir comment je m’y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c’est tout de suite qu’il faut choisir. Vous dites que c’est si beau la vie. Je veux savoir comment je m’y prendrai pour vivre.

CRÉON : – Tu aimes Hémon ?

ANTIGONE : – Oui, j’aime Hémon. J’aime un Hémon dur et jeune ; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais […] s’il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s’il doit apprendre à dire « oui », lui aussi, je n’aime plus Hémon !

CRÉON : – Tu ne sais plus ce que tu dis. Tais-toi.

ANTIGONE : – Si, je sais ce que je dis, mais c’est vous qui ne m’entendez plus. Je vous parle de trop loin maintenant, d’un royaume où vous ne pouvez plus entrer avec vos rides, votre sagesse, votre ventre. (Elle rit.) Ah ! je ris, Créon, je ris parce que je te vois à quinze ans, tout d’un coup ! C’est le même air d’impuissance et de croire qu’on peut tout. La vie t’a seulement ajouté tous ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de toi.

CRÉON la secoue : – Te tairas-tu, enfin ?

ANTIGONE : – Pourquoi veux-tu me faire taire ? Parce que je sais que j’ai raison ? Tu crois que je ne lis pas dans tes yeux que tu le sais ? Tu sais que j’ai raison, mais tu ne l’avoueras jamais parce que tu es en train de défendre ton bonheur en ce moment comme un os.

CRÉON : – Le tien et le mien, oui, imbécile !

ANTIGONE : – Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu’il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu’ils trouvent.

Jean Anouilh, Antigone, 1944

Avec ses théories sur l’inconscient, Freud montre que l’homme «n’est pas maître en sa propre maison»

La découverte de l'insconscient 

Ce qu’on nomme bonheur, au sens le plus strict, résulte d’une satisfaction plutôt soudaine des besoins ayant atteint une haute tension, et n’est possible de par sa nature que sous forme de phénomène épisodique. Toute persistance d’une situation qu’a fait désirer le principe de plaisir* n’engendre qu’un bien-être assez tiède ; nous sommes ainsi faits que seul le contraste est capable de nous dispenser une jouissance intense, alors que l’état en lui-même ne nous en procure que très peu. Ainsi nos facultés de bonheur sont déjà limitées par notre constitution. Or, il nous est beaucoup moins difficile de faire l’expérience du malheur. La souffrance nous menace de trois côtés : dans notre propre corps qui, destiné à la déchéance et à la dissolution, ne peut même se passer de ces signaux d’alarme que constituent la douleur et l’angoisse ; du côté du monde extérieur, lequel dispose de forces invincibles et inexorables pour s’acharner contre nous et nous anéantir ; la troisième menace enfin provient de nos rapports avec les autres êtres humains. La souffrance issue de cette source nous est plus dure peut-être que tout autre ; nous sommes enclins à la considérer comme un accessoire en quelque sorte superflu, bien qu’elle n’appartienne pas moins à notre sort et soit aussi inévitable que celle dont l’origine est autre.

Sigmund FREUD , Le Malaise dans la culture (1930) 

Nietzsche, le devenir éternel. Vivre chaque instant de notre vie avec l’idée suivante : accepterais-je de le revivre ?

Admettons que nous soyons destinés à revivre éternellement ce que nous vivons aujourd’hui: que penserions-nous de cette perspective? De notre réponse dépendra  notre présent. « Et si un jour ou une nuit, un démon se glissait furtivement dans ta plus solitaire solitude et te disait: «Cette vie, telle que tu la vis et l’a vécue, il te faudra la vivre encore une fois et encore d’innombrables fois; et elle ne comportera rien de nouveau, au contraire, chaque douleur et chaque  plaisir et chaque pensée et soupir et tout ce qu’il y a dans ta vie d’indiciblement petit et grand doit pour toi revenir, et tout suivant la même succession et le même enchaînement – et également cette araignée et ce clair de lune entre les arbres, et également cet instant et moi-même. Un éternel sablier de l’existence est sans cesse renversé, et toi avec lui, poussière des  poussières! » – Ne te jetterais-tu pas par terre en grinçant des dents et en maudissant le démon qui parla ainsi ? Ou bien as-tu vécu une fois un instant formidable où tu lui répondrais: « Tu es un dieu et jamais je n’entendis rien de plus divin!» Si cette pensée s’emparait de toi, elle te métamorphoserait, toi, tel que tu es, et, peut-être, t’écraserait; la question, posée à  propos de tout et de chaque chose, «veux-tu ceci encore une fois et encore d’innombrables fois?» ferait peser sur ton agir le poids le plus lourd! Ou combien te faudrait-il aimer et toi-même et la vie pour ne plus aspirer à rien d’autre qu’à donner cette approbation et apposer ce sceau ultime et éternel ?

  Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir

Citations sur le thème du bonheur pour un devoir type bac

Spinoza : « ? il n’ est pas de plus grand bonheur que de comprendre et de penser ? »

St Just : « ? le bonheur est une idée neuve ? »

Descartes : « ? il faut changer ses désirs plutôt que l’ ordre du monde ? »

Aristote : « ? le propre de l’ homme est l ’ activité de l ’ âme en conformité avec la vertu ? »

Épicure « ? la plaisir est la fin de la vie ? ».

Leibniz :“ Notre bonheur ne consistera jamais dans une pleine jouissance, où il n’y aurait plus rien à désirer; mais dans un progrès perpétuel à de nouveaux plaisirs et de nouvelles perfections ”

Sujets corrigés bac 

Peut-on être heureux sans être libre.

Le bonheur prime t’-il sur la liberté? L’homme peut préférer sa liberté au bonheur qui peut aussi en être la condition de possibilité. Les hommes veulent tous atteindre le bonheur, la liberté et le bonheur sont deux concepts difficiles à définir.

Peut-on être heureux sans être libre? Il semblerait que la liberté soit la condition de possibilité du bonheur.

1.Etre libre n'est pas vivre selon ses désirs. Le bonheur est absence de trouble

Selon Aristote, Épicure et les stoiciens, le bonheur est durable; il n’est pas dissociable d’une vie vertueuse fondée sur la raison;La raison est le propre de l’homme, elle doit guider ses choix.

Une vie heureuse serait par conséquent une vie conforme à la raison.

Pour Épicure, il faut régler ses désirs sur la nature. Pour les stoiciens, l’homme doit accepter l’ordre du monde. Le bonheur est une absence de

trouble. Pour Aristote, le bonheur est l’activité et la vertu propres à chaque être. Celle de l’homme est de penser; une vie heureuse est une vie pleinement humaine c’est-à-dire, délivrée du besoin et tournée vers l’intelligence.

L’eudémonisme d’Épicure et des stoiciens est plus subjectif; le bonheur est la possession des biens mais il ne dépend pas de nous de les posséder. C’est pourquoi le stoïcisme conseille de vouloir ce qui arrive. Seul le sage est heureux, c’est un épicurien car il sait régler ses désirs. «??Il faut changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde??», est la citation qui illustre le mieux la conception épicurienne du bonheur. Ne désirant que ce qu’il peut obtenir, l’homme ne manque pas d’obtenir ce qui désire.

II - Il est nécessaire d'être libre pour être heureux à condition que nous soyons maître de nous-même

L'homme peut-il être heureux en étant asservi? Privé de sa liberté, l'homme se voit démuni, défait de son humanité, privé de essence. Un prisonnier réduit à vivre sa condition ne peut ressentir le bonheur, le goût pour la vie dont il a été privé. Sans liberté, pas de bonheur possible. L'homme ne peut s'accomplir et réaliser son essence d'homme qu' en exercant sa liberté de choix.

Le bonheur prime t’-il sur la liberté? L’homme peut préférer sa liberté au bonheur qui peut aussi en être la condition de possibilité.

Sartre : Les Justes : l’idéologie peut-être notre raison de vivre, notre liberté au combat et pour l’idée : vivre libre ou mourir; Préférer rester fidèle en acte de nos convictions politiques et idéologiques. Préférer la mort au renoncement à ses idées.

Si la liberté est un moyen d’atteindre le bonheur, les conséquences nous éclairent sur la question :

Le travail devient un moyen d’atteindre le bonheur car il sert à être heureux

Il en va de même pour les valeurs morales : ne pas tuer autrui par exemple, aider son prochain : la solidarité, le partage l’entraide sont des valeurs valorisantes pour l’homme en quête de reconnaissance et d’accomplissement : il y a de l’épanouissement et du bien-être de l’homme.

La liberté devient un moyen d’être heureux

Pour trouver le bonheur, faut-il le rechercher ?

Les distinctions conceptuelles qu'il nous faudra travailler et développer dans notre dissertation :

Vivre / et Bien-vivre (Aristote)

Bonheur (durable) / plaisir (sur l'instant)

Besoins / désirs

Il serait intéressant d'analyser le terme « faut-il » qui renvoie à une nécessité, une exigence.

Le questionnement  s'organise donc autour de la relation entre l'Homme et le Bonheur.

Reformulation du sujet :

Pouvons-nous trouver le bonheur sans l'avoir cherché ?

Pour être heureux, doit-on rechercher le bonheur ?

Problématisation:

Le sujet de la dissertation interroge  le fait qu'il faille rechercher le bonheur pour le trouver . Cela questionne aussi l'élan de l'Homme dans sa recherche du bonheur. Il soulève les questions suivantes :

Est-il nécessaire de rechercher le bonheur pour être heureux ?

Est-on obligé de rechercher le bonheur pour l'avoir ?

Plan possible : Pour trouver le bonheur, faut-il le rechercher ?

I. La recherche du bonheur est propre à la vie Humaine

A. Les animaux connaissent l'agréable et le douloureux mais pas le bien et le mal. Alors que l'Homme est un être politique qui se fédère en Cité autour de valeurs comme le bien et le Mal , le juste et l'injuste . La fin de toute cité est le Bonheur comme la fin ultime de toutes les actions de l'Homme est le Bonheur. Ainsi nous pouvons dire que toute la vie de l'Homme a comme but la recherche du bonheur.

B. Pour la philosophie le « Souverain Bien » se travaille Les Stoïciens, pour trouver le bonheur, il faut atteindre la paix de l'âme ou « ataraxie »

II. Trouver le Bonheur, un travail sur ses désirs

A. L'Homme est un être de désirs. Le caractère illimité du désir fait qu'il est un obstacle pour le bonheur car il laisse l'Homme dans un état constant d'insatisfaction et de manque. Ainsi pour trouver le bonheur il est nécessaire de chercher à les maîtriser.

B. Par exemple, chez les Epicuriens, pour trouver le bonheur il faut satisfaire seulement ses désirs essentiels.

III. Le Bonheur est inatteignable mais...

A. Le Bonheur est inatteignable car nous sommes des êtres de désirs et nos désirs sont illimités. Platon l'illustre avec l'exemple du tonneau percé

B. Cependant, il faut distinguer plaisir et joie. La joie est un état durable. C'est selon Bergson, une création de soi par soi.

Peut-on être heureux en étant injuste ?

Définitions : 

"heureux" : le bonheur est un état de satisfaction prolongée, ce qui le distingue du plaisir, simplement momentané.

"injuste" : qui commet des injustices envers les autres.

"pouvoir" : possibilité accidentelle ou possibilité essentielle ?

Problématique : Est-il possible dans les faits d'être heureux tout en contrvenant à la loi, ou bien le bonheur nécessite-t-il le respect de la loi morale ?

I L'inquiétude résultant de l'infraction à la loi empêche le sujet d'être heureux.

A) Difficulté à s'accorder sur une définition de ce qu'est être injuste. Celle qui semble être la plus objectivement déterminable c'est l'infraction de la loi de son pays.

B) Or, l'infraction à la loi de son pays met le sujet au devant de sanctions. Le droit qui fonde l'institution judiciaire est en effet par essence contraignant. Cf Kelsen, Théorie pure du droit. La peur de la sanction empêche les hommes d'être heureux.

II Il est possible d'être heureux bien que l'on commette des actions injustes.

A) Le bonheur ne peut être défini comme la seule absence de sanctions extérieures, il doit posséder un contenu positif. Satisfaire ses désirs semble être un moyen d'accéder au bonheur.

B) Or, être injuste permettant de satisfaire ses désirs sans prendre garde à autrui qui pourrait limiter la satisfaction des désirs. Cf Calliclès dans le Gorgias de Platon.

III Seul la recherche de l'action juste mène nécessairement au bonheur. 

A) La satisfaction des désirs est elle-même infinie et ne peut pas conduire au bonheur. Le désir est toujours ou bien manqué ou bien nous étouffe. Cf Sénèque

B) La raison ne peut se contenter d'une voie d'accès accidentelle au bonheur. Seul la recherche de l'action juste permet une nécessité du bonheur, grâce à la satisfaction du respect de la loi morale. Cf Kant, Critique de la raison pratique.

L'Enracinement une philosophie morale et politique. L'Enracinement Simone Weil

L’homme, un animal politique - peut-on être homme sans être citoyenla politique est-elle naturelle à l’homme-est-ce une construction artificielle, l'etat, la société, le pouvoir, cours et sujets bac corrigés, qu'est-ce que la liberté cours de philosophie, sujets corrigés, questionnaire et réflexions autour de la notion au programme bac 2024, revient-il à l’état de décider de ce qui est juste dissertation corrigée, bac général 2022, la liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne corrigé de la dissertation, bac technologique 2022, est-il juste de défendre ses droits par tous les moyens dissertation corrigée, bac technologique 2022, définir, problématiser une thèse philosophique, le scepticisme, bac philosophie 2024, lexique de philosophie, de a à z. bac 2024, problématiser les notions essentielles du programme du bac de philosophie 2024 : nécessité, contrainte, obligation = repères philosophiques, les repères philosophiques, contingent et nécessaire. problématiser au bac -cours, exercices, repérage des notions, comment utiliser les repères philosophiques singulier / particulier / général / universel. bac philosophie 2024.

L'existence humaine et la culture. Bac de philosophie 2024 14

Répertoire d'auteurs, biographies, citations, systèmes philosophiques bac 2024 7

La connaissance, bac de philosophie 2024= La raison - Démonstration-Interprétation- Matière,esprit- Vérité, science 5

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Qu'est-ce que la philosophie? Cours, commentaire Aristote, Métaphysique I,2, questionnaires, citations, définitions.

Date de dernière mise à jour : 01/08/2023

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Exemple de sujet : Plaisir et bonheur

Dans le Gorgias, Socrate défend l’idée qu’un homme heureux est celui qui est capable de réguler ses désirs, de telle sorte qu’il ne sera pas l’esclave d’une recherche effrénée du plaisir. Se fondant sur une célèbre métaphore d’un tonneau qu’il s’agirait de remplir patiemment des biens les plus précieux et de consolider afin qu’il ne fuie pas, Socrate se voit pourtant opposer par Calliclès une conception plus hédoniste, selon laquelle le breuvage importe peu à condition d’avoir l’ivresse. L’iconoclasme moral de Calliclès, préfigurant la conception sadienne des plaisirs, consiste alors à montrer que l’homme doit rejeter une conception du bonheur uniquement fondée sur la mortification du corps. Le lien entre plaisir et bonheur est en ce sens ambigu. Il faut en effet problématiser la proximité entre les deux termes pour s’apercevoir de toute la difficulté de cette question. Si le plaisir désigne une satisfaction immédiate d’un désir, qui s’accompagne donc d’une sensation de bien-être ressentie par l’homme, le bonheur paraît alors dépendre du plaisir, puisqu’il désigne une satisfaction durable de l’homme, la seule différence entre les deux tenant au fait que le bonheur enjoint de privilégier le... [voir le corrigé complet]

La Boîte à Bac

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Le Bonheur – Bac de Philosophie

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Le Bonheur - Bac de philosophie

Dans cette vidéo, je vais vous présenter plusieurs aspects relatifs au bonheur :

I.La définition du bonheur et la problématique qu’elle soulève

II. La question de savoir si le bonheur dépend de nous ou non

III. L’idée selon laquelle le bonheur est lié à nos désirs

IV. Savoir si la politique a pour but le bonheur des citoyens

V. Les différentes formes de bonheur dans notre vie quotidienne

I – DÉFINITION DU BONHEUR ET PROBLÉMATIQUE

Examinons tout d’abord la définition couramment admise du bonheur. Généralement on définit le bonheur comme un état durable de satisfaction complète dont découle un sentiment de plénitude et de béatitude . Or de cette vision du bonheur qui le décrit comme un état durable et constant jaillit le premier problème que sous-tend la notion:

En effet, comment concevoir le bonheur autrement qu’un idéal stable et désincarné, dont on ne peut faire l’expérience dans l’existence, alors que la vie est changeante, parsemée d’obstacles et d’embûches ?

En d’autres mots :

À quoi bon réfléchir sur quelque chose qui n’existe pas ? 

Ou ne risque-t-on pas de souffrir si l’on tend inlassablement vers quelque chose qui n’existe pas ?

L’un des premiers philosophes à avoir souligné l’impossibilité de définir le bonheur est Kant . Selon lui, le bonheur est impossible à définir de façon générale, car il est affaire d’empirisme , à savoir d’expérience , et est propre à chacun. 

Exemple : pour l’un, le bonheur c’est de manger du chocolat ; pour l’autre, c’est de perdre du poids.

Cette impossibilité à définir le bonheur a conduit les philosophes et les politiques à travers les siècles, à l’associer à des notions bien réelles , telles que la chance, le plaisir, le désir, la morale, la consommation ou les loisirs . Nous verrons dans quelques minutes dans quelles mesures.

Tout d’abord, examinons cette question : est-ce que le bonheur dépend de nous ?

II – LE BONHEUR DÉPEND-IL DE NOUS ? 

Le terme bonheur est dérivé du latin, bonum : bon et augurum : le hasard, la chance et il s’est transformé en « bon eür » en ancien français. 

Dans l’Antiquité , le bonheur est donc facteur de chance et ne dépend pas de nous, mais du sort . Au bonheur peut succéder malheur et malchance , ces différents états ne résultant que des caprices du sort. Pour les anciens , le bonheur c’est donc un don du ciel, une chance, ce qu’ils appelaient la Fortune . 

Or, rester dans la passivité – un peu comme la belle au bois dormant qui attend que son prince la délivre du sommeil – admet que c’est une position qui  n’est pas tenable .

Pour contrer cette conception fataliste du bonheur, l’Eudémonisme (= doctrine qui a pour objet central le bonheur) des stoïciens propose une solution pour le faire dépendre entièrement de nous.

Pour les sages , pour que l’Homme ne soit plus le jouet du sort et puisse vivre de façon heureuse, il lui suffit de vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent .

Il est vrai que cela peut sembler plus facile à dire qu’à faire. D’autre part, cela n’implique-t-il pas de nier nos aspirations à être qui nous sommes ? Nous sommes tous d’accord pour dire que cela n’est plus tenable de nos jours.

En revanche, pour l’ascète , il s’agit de faire une sélection des plaisirs . Le bonheur étant l’ataraxie , c’est-à-dire la conséquence d’une absence de trouble de l’âme , il s’agit pour le philosophe de ne profiter que des désirs naturels et nécessaires tels que boire, se reproduire, manger et dormir, en réalité de ne profiter que de ses besoins. De temps en temps, il est permis de s’octroyer des plaisirs naturels mais non nécessaires , comme boire un verre de bon vin ou manger un plat fin, et d’ignorer les plaisirs non naturels et non nécessaires tels que l’ambition, la gloire ou la richesse. Car ces derniers, au même titre que le désir, sont insatiables et peuvent engendrer la souffrance .

Toutefois, à moins de vivre reclus dans une grotte, il est difficile d’appliquer à la lettre ce que préconise Épicure , n’est-ce pas ? Voyons donc ce qu’il en est de la relation entre le désir et le bonheur.

III – LE BONHEUR, UNE AFFAIRE DE DÉSIR

Un grand nombre de philosophes pensent que le désir est la cause de nos malheurs et qu’une des conditions pour accéder au bonheur est d’éradiquer le désir. Dès l’étymologie du terme, on constate que le désir exprime la nostalgie d’une étoile . En effet, le mot désir vient du latin “ de-sideratio “, qui indique la perte douloureuse ( “de” ) d’un astre ( “sideris” ) fascinant. Ainsi, le désir peut être considéré comme le regret d’un joyau merveilleux autrefois contemplé.

L’association du désir et de la souffrance est illustrée dans le mythe des Danaïdes , conté par Socrate à Calliclès dans le Gorgias , avec l’image de leur tonneau percé. Un homme qui chercherait à être heureux en voulant satisfaire ses désirs serait condamné à s’épuiser inlassablement à remplir un tonneau percé, et donc à la souffrance, le désir étant en permanence reconductible et illimité !

On retrouve également l’idée chez les Stoïciens et Descartes, selon laquelle il vaut mieux “renoncer à ses désirs plutôt que changer l’ordre du monde” . En d’autres termes, le monde ne possédant pas assez de richesses pour satisfaire nos désirs qui, eux, sont illimités , il vaut mieux y renoncer . Et pour conclure sur les philosophes qui déprécient le désir, citons la vision la plus pessimiste d’entre eux, celle de Schopenhauer . Pour le nihiliste , le vouloir-vivre ou le désir est la cause de notre douleur et de ce qui divise les hommes. Il faut donc le faire taire à tout prix et trouver refuge dans l’art , qui seul peut apaiser notre mal-être.

Il est vrai que certaines conceptions du bonheur peuvent sembler restrictives et morales, ce qui peut compliquer la quête du bonheur. Il peut être difficile d’avancer lorsqu’on nous dit ce qu’il ne faut pas faire, plutôt que de nous donner des pistes pour trouver le bonheur.

Spinoza pense au contraire que le désir est l’essence de l’homme et que la joie, qui découle de sa satisfaction, signale son «passage d’une moindre à une plus grande perfection». On trouve la même conception positive chez Nietzsche pour qui le désir qu’il nomme la volonté de puissance est un élan vital, une force créatrice et donc un des vecteurs du Bonheur.

Mais pour que l’accès au bonheur soit possible, faut-il encore que la politique le permette et s’en préoccupe…

IV – BONHEUR ET POLITIQUE

Si le bonheur réside dans la tolérance , la pratique d’activités choisies et le fait de « cultiver son jardin » pour Voltaire dans Candide , encore faut-il construire une société permettant à tous d’être heureux.

Les états démocratiques , en tentant de privilégier l’expression des libertés individuelles , semblent aller dans ce sens.

L’idéal d’un bonheur collectif , apparu selon Saint-Just au moment de la Révolution française en Europe , est-il compatible avec le bonheur individuel ? 

Il semblerait puisque c’est à l’initiative de l’Empire, puis de la République que les congés payés sont instaurés en France. C’est tout d’abord par Napoléon III en 1853 , qui, par décret, les accorde aux seuls bénéfices des fonctionnaires, puis le Front  Populaire en 1936 qui les généralise à tous. 

Grâce aux congés payés , les français peuvent désormais partir en vacances et s’adonner à leurs loisirs, ce que la publicité n’hésite pas à associer avec l’idée du Bonheur.

En effet, en vacances, chacun est libre de faire ce qu’il désire, ce qui renforce l’association entre le bonheur et le désir. Par exemple, certains pourront pratiquer la philosophie ou marcher seuls dans la montagne pour méditer. Toutefois, la réalité peut être parfois bien différente.

Mais les intérêts des Etats , même démocratiques , vont parfois à l’encontre des intérêts des individus . Ainsi la société de consommation , si soucieuse de nos loisirs (ton ironique), n’a pas hésité à chercher à instrumentaliser nos désirs , par le biais de la pub et du marketing , y voyant un moyen de croissance et d’enrichissement.

Elle tolère le bonus dolus , le mensonge léger qui consiste à exagérer les qualités d’une marchandise, les images subliminales, celles qui s’insèrent dans la pub à l’insu du spectateur, et favorise le crédit, pour pousser l’individu à la consommation.

La recherche du bonheur que la société associe à la consommation devient ainsi aliénante pour l’Homme qui n’est plus à l’origine de ses désirs, lesquels sont créés de toute pièce par la société , dont le but est : s’enrichir.”

Il est clair que la politique peut parfois avoir du mal à concilier ses intérêts personnels avec le bonheur individuel. Mais alors si les intérêts politiques divergent des intérêts individuels, si pour la philosophie le Bonheur est un état permanent dont on ne peut faire l’expérience, puisque il est, rappelle Kant, « l’état d’un homme raisonnable à qui dans tout le cours de son existence tout arrive selon son souhait et sa volonté » et est donc impossible… Sachant qu’il faut toujours le rattacher à des notions secondaires, quelle forme de bonheur pouvons-nous espérer aujourd’hui ?

V. LES DIFFÉRENTES FORMES DE BONHEUR DANS NOTRE VIE QUOTIDIENNE

Pour la psychanalyste Elisabeth Roudinesco , le bonheur est aujourd’hui plus affaire de psychologie que de philosophie . Le politique et la philosophie ont laissé place à l’individualisme et la psychologie .

Dans le roman Avatar de Théophile Gautier , le personnage principal, Octave, possède tout ce qui devrait le rendre heureux : richesse, jeunesse et beauté. Pourtant, il sombre dans le désespoir et l’ennui. Cela montre que le bonheur est une quête individuelle qui nécessite la connaissance de soi et de ses aspirations personnelles.

Une fois que la question de pouvoir subvenir à ses besoins est réglée, le bonheur pourrait consister au fait de parvenir à dépasser suffisamment ses conflits intérieurs afin de, comme le dit Freud ,  pouvoir aimer et travailler.

Indissociable de la présence chaleureuse d’autrui, ou de compagnons de route, il serait aujourd’hui, contrairement à l’Antiquité,  fruit de la praxis , c’est-à-dire de l’action.

Il résulterait d’une activité choisie favorisant le déploiement de son potentiel et peut-être également de la perpétuation d’actes d’aide envers autrui , lesquels feraient accroitre l’estime de soi-même. 

Sorte de quête et graal de nos sociétés actuelles , difficiles à atteindre et souvent malmené par les affres de l’existence – les deuils, les renoncements et les échecs – il semble aujourd’hui être associé au bien-être, à la joie, à la confiance et à la « force d’exister » dont parle Spinoza , qui assure d’utiliser les obstacles comme l’occasion d’accroître notre personne.

Ainsi, même si vivre dans un état de bonheur permanent n’est pas possible, vivre heureux et avoir une vie portée par la joie, désirante et le bien-être semble un objectif tout à fait accessible . Et c’est tant mieux !

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 Philosophie magazine : les grands philosophes, la préparation au bac philo, la pensée contemporaine

Dissertation : “Faut-il préférer le bonheur à la vérité ?”

Pour bien se préparer aux épreuves du bac philo , rien de tel que de voir comment les professeurs s'y prennent ! L’une d’elles, Aïda N’Diaye , vous propose ce corrigé d'un sujet de dissertation sur deux grands thèmes du programme de terminale : le bonheur et la vérité .

Expresso : les parcours interactifs

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Épicure et le bonheur

Sur le même sujet, faut-il préférer le bonheur à la vérité .

Analyse des termes du sujet « Faut-il » Synonymes : est-ce un devoir, une obligation, une contrainte, une nécessité ? « préférer » Synonymes : choisir (choix exclusif ou inclusif), privilégier, favoriser… « bonheur » Termes…

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La conscience fait-elle obstacle au bonheur ?

Amérique du Nord 2022 • Dissertation

Sprint final

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Amérique du Nord • Mai 2022

La conscience fait-elle obstacle au bonheur ?

dissertation

4 heures

Intérêt du sujet • Ce sujet classique confronte la « conscience », que nous possédons, au « bonheur », que nous recherchons : ce qui nous définit comme êtres humains nous empêche-t-il d’atteindre ce qui donne sens à notre vie ?

Les clés du sujet

Définir les termes du sujet.

Du latin cum scientia (« avec science »), la conscience est de façon générale associée à un savoir (perception du monde, connaissance de soi) : c’est d’abord la lucidité sur ce qu’on est et ce qu’on peut espérer.

La conscience morale impose des limites à nos actions et la conscience du temps peut empêcher de goûter l’instant présent.

Faire obstacle

Faire obstacle, c’est constituer un empêchement : rendre impossible ou du moins difficile, mettre des bornes, poser une limite, interdire, détourner, décourager.

Du latin bonum augurium , le bonheur est un objectif soumis à beaucoup d’aléas, comme le connote le mot heur (« sort », « chance », « fortune ») en français classique.

S’il est difficile d’en définir concrètement les conditions, le bonheur est représenté comme un idéal offrant la plénitude d’une satisfaction durable, intense et variée.

Dégager la problématique

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Construire un plan

Tableau de 3 lignes, 2 colonnes ;Corps du tableau de 3 lignes ;Ligne 1 : 1. La conscience morale est un obstacle au bonheur; Exemple du remords : la « mauvaise conscience » est un obstacle d’autant plus puissant qu’il est intérieur.La conscience morale impose de relativiser la quête du bonheur et de la subordonner au respect du devoir.; Ligne 2 : 2. La conscience nous expose au malheur; La conscience nous montre notre finitude : l’homme est essentiellement malheureux et inquiet.Notre fardeau le plus terrible est la conscience du temps : poids de la mémoire, anticipation de la mort.; Ligne 3 : 3. Le bonheur est propre à l’être conscient; Le bonheur n’est pas la satisfaction : le sentiment de notre dignité compte davantage que le plaisir.Devenir plus conscients nous rend plus forts, plus autonomes et donc potentiellement plus heureux.;

Les titres en couleurs et les indications entre crochets servent à guider la lecture mais ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

[Reformulation du sujet] Le sort dresse parfois des embûches sur le chemin que nous essayons d’emprunter pour parvenir au bonheur. Mais il existe peut-être aussi un empêchement plus fondamental qui fait de ce chemin une impasse : la conscience fait-elle obstacle au bonheur ? [Définition des termes du sujet] Nous rêvons d’une satisfaction pleine et entière, suffisamment durable, intense et variée. Mais en offrant une connaissance du monde et de soi, la conscience nous rend lucides sur nos limites et sur ce que nous pouvons espérer. [Problématique] Le fait de distinguer le bien et le mal, de constater notre fragilité et le temps qui passe ne réduit-il pas considérablement nos perspectives de bonheur ? Ou bien doit-on au contraire chercher dans le renforcement de la conscience la voie d’une vie humaine parfaitement accomplie ? [Annonce du plan] Nous commencerons par voir en quoi le fait d’être conscients de nos devoirs entrave la quête du bonheur, puis pourquoi la conscience fait de l’homme un être inquiet. Nous verrons enfin qu’un bonheur véritable est lié au renforcement de la conscience.

1. La conscience morale est un obstacle au bonheur

A. l’obstacle intérieur de la mauvaise conscience.

La conscience morale nous rend attentifs à des valeurs relatives au bien et au mal, et nous impose de conformer notre conduite à certaines normes. Dans le cas contraire, on s’expose au blâme des autres – ce qui n’est pas le meilleur calcul pour être heureux – mais aussi et surtout au remords , ce tourment qui nous ronge lorsqu’on a « mauvaise conscience ».

Du latin remordere , le remords signifie littéralement la morsure renouvelée, voire incessante de la conscience.

Pour Aristote, dans l’ Éthique à Nicomaque , un homme méchant ne peut pas être heureux, car une partie de son âme accuse l’autre partie et le déchire au point de le rendre ennemi de lui-même . La conscience est un juge sévère qui empêche de goûter le bonheur acquis de mauvaise façon : l’obstacle est insurmontable précisément parce qu’il est intérieur.

B. La subordination du bonheur au devoir

Il nous faut relativiser l’importance du bonheur et considérer d’abord le respect du devoir . Certaines voies vers le bonheur nous sont interdites lorsque les satisfactions visées sont égoïstes ou dégradantes, pour notre personne ou celle des autres. Kant dit que l’ impératif moral est « catégorique » : il constitue une limite indiscutable que nous posons nous-mêmes à nos actions.

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« Agis de telle manière que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, jamais simplement comme un moyen » (Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs ).

La recherche du bonheur doit être subordonnée au respect du devoir. Cela ne signifie pas que l’une et l’autre soient incompatibles, puisque le fait d’avoir bien agi produit un contentement qui est, selon Kant, un « analogue du bonheur ». Mais « bonheur » et « vertu » sont souvent difficiles à concilier .

Le secret de fabrication

Illustrez le propos par un exemple : dans Les Misérables de Victor Hugo, Jean Valjean renonce à son bonheur et se livre à la police pour éviter qu’un sosie soit envoyé au bagne à sa place.

[Transition] La conscience morale fait obstacle à la recherche du bonheur, car elle lui impose des limites et prive l’individu qui les transgresse d’une satisfaction entière. Faut-il aller plus loin et dire que la conscience nous expose au malheur ?

2. La conscience nous expose au malheur

A. conscience et finitude.

Le regard qu’un être conscient porte sur lui-même est valorisant : comme on l’a observé, penser fait la grandeur de l’homme. Mais la pensée nous dévoile aussi notre finitude  : « la grandeur de l’homme est grande en ce qu’ il se connaît misérable  », note amèrement Pascal dans ses Pensées .

La finitude est le caractère de ce qui est fini, au sens de limité. On emploie le terme pour qualifier la condition humaine, habitée par la conscience du temps et de la mort.

Selon Schopenhauer , cette limitation fait de l’humain un être essentiellement malheureux , habité par un manque qui ne lui laisse que quelques rares moments de répit. Conscience rime avec souffrance. Comme il l’indique dans Le Monde comme volonté et comme représentation , « l’inquiétude d’une volonté toujours exigeante, sous quelque forme qu’elle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience : or sans repos le véritable bonheur est impossible ».

B. L’existence humaine alourdie par le temps

La conscience du temps est décrite par Nietzsche comme un fardeau. À l’inverse de l’animal attaché au « piquet de l’instant », l’être humain est privé d’une légèreté dans laquelle il voit confusément le secret du bonheur. En proie à la nostalgie, aux regrets ou à la mélancolie, il subit son passé  : la mémoire est avantageuse pour la connaissance, mais pas pour le bonheur.

La conscience ouvre aussi à l’avenir . Elle est « soucieuse », car nous anticipons sans cesse un après dans lequel nous nous projetons. Or nous savons bien que l’ultime possibilité qui nous attend est la mort , qui suscite en nous de l’« angoisse ». Au rebours d’Épicure qui proclamait que « la mort n’est rien pour nous » et que le bonheur est possible à condition de vivre au présent, les philosophes de l’existence insistent sur l’incertitude, voire le désespoir, qui hante l’esprit humain.

Les penseurs «  existentialistes » comme Kierkegaard, Heidegger ou Sartre prennent pour point de départ la fragilité de l’existence humaine.

[Transition] La conscience fait obstacle à un bonheur simple qui semblait à portée de main. Mais est-elle incompatible avec un bonheur plus complexe qui nous serait propre ?

3. Le bonheur est propre à l’être conscient

A. bonheur et satisfaction.

Introduisez une distinction entre « bonheur » et « satisfaction » pour envisager le problème sous un nouvel angle.

Si la définition du bonheur n’est jamais tout à fait claire et varie d’un individu à un autre, Mill observe qu’elle est toujours assez riche pour ne pas se réduire à la satisfaction , c’est-à-dire aux plaisirs élémentaires qui nous sont communs avec les animaux (manger, boire, etc.). Le bonheur que nous cherchons inclut aussi la connaissance du monde et de soi, les arts, les relations sociales et amoureuses, le bien-être social, etc.

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« Il vaut mieux être un homme insatisfait qu’un porc satisfait » (Mill, L’Utilitarisme )

Si nous nous heurtons à de nombreux obstacles dans notre quête, c’est tout simplement parce que nos ambitions sont plus élevées  : elles ne sont peut-être pas toutes susceptibles d’être comblées, mais cette incomplétude est compensée par la conscience de notre dignité . Nos moyens aussi sont plus élevés, puisque notre intelligence nous permet de calculer au mieux comment être heureux, individuellement et collectivement.

B. Le renforcement de la conscience

Selon Freud, l’incapacité de certains individus à trouver l’épanouissement, ou ne serait-ce que l’équilibre psychique, ne doit pas être mise sur le compte de la conscience, mais sur celui de l’inconscient . Les symptômes tels que les angoisses, phobies, obsessions, épuisement dépressif, etc., sont le fait de désirs refoulés qui reviennent se manifester de façon voilée, et dont il s’agit de comprendre le sens .

La voie à privilégier est donc le renforcement de la conscience et non son effacement : il faut « rendre conscient l’inconscient », élargir notre champ de conscience en devenant plus lucides sur nous-mêmes, sur notre histoire et nos désirs secrets afin de devenir plus libres et plus heureux .

Le sacrifice de la conscience n’est ni possible ni souhaitable, car celle-ci définit l’être humain. Loin de constituer un obstacle à toute forme de contentement, le renforcement de la conscience est le moyen par lequel nous pouvons nous rapprocher du bonheur qui nous est propre.

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Paragraphe argumenté sur le bonheur

Par nesbbb   •  8 Juin 2021  •  Dissertation  •  892 Mots (4 Pages)  •  1 053 Vues

Le bonheur                  Ines Benchekroun TerG5

Philosophie:

Tous les hommes désirent naturellement être heureux. Pourtant, nous n’avons pas été équipés ou conçus pour être heureux. Rédigez un paragraphe argumenté.

 « Tous les hommes recherchent d’être heureux ; cela est sans exception ; quelques différents moyens qu’ils y emploient, ils tendent tous à ce but. ». Sur ces mots de Blaise Pascal, l’idée selon laquelle l’homme est dévoué dans sa recherche ultime vers le bonheur est belle et bien universelle. Mais, quand bien même les hommes désirera ient atteindre ce but, ils sont loins d’être équipés ou conçus pour y parvenir.

Kant définit le bonheur comme la satisfaction complète des besoins et des inclinations, sur ce sens même se fonde l’opinion commune qui associe alors le bonheur à  la satisfaction complète des besoins et des désirs. Le plaisir qui résulte donc de cet accomplissent serait alors la cause du bonheur. Cependant ce sentiment de plaisir est ponctuel et éphémère, ainsi la continuité du bonheur est incompatible avec la ponctualité du plaisir ressenti. De ce fait, un première obstacle se soulève contre l’accès à l’accomplissement de ce bonheur; en effet, cette sensation de plaisir chez l’homme n’est qu’un phénomène bref car l’individu ne possède pas la capacité de faire durer cette sensation de plaisir, au contraire lorsqu’il assouvis un désirs et qu’il finit par posséder le bien qu’il voulait tant par exemple, il finit par s’y habituer et cette sensation de plaisir se dissipe peu à peu jusque’a disparaitre. C’est d’ailleurs ce que soulève Schopenhauer dans Le Monde comme volonté et comme représentation   par la phrase suivante « le plaisir devenu habituel n’est plus éprouvé comme tel ».

D’autre part, l’Homme est de nature un être désireux, il est donc impossible de satisfaire tous ses désirs et ceci représente un second obstacle vers la recherche du bonheur. En effet, un désir satisfait laisse place à un nouveau désir, si bien que l’homme qui n’est guidé que par la poursuite de la satisfaction de ses désirs ne saura jamais être satisfait. De nombreux facteurs viennent aussi expliquer les limites de la satisfaction, certains désirs sont contraires a la morale or, l’Homme vit en société et est donc soumis à des impératifs moraux  qui pèsent donc sur notre existence en tant que sujet conscient en même temps qu’ils nous obligent à ne pas se contenter d’une existence bestiale, animale même si en un sens elle pourrait être heureuse. Nous nous devons d’être moraux, vertueux, de faire le bien avant que de faire ce qui nous est agréable. C’est la thèse de Kant qui fait même de la vertu la destination de notre existence et qui soutient qu’on ne peut échapper à la voix du devoir, à la culpabilité, donc qu’on ne peut être heureux sans être vertueux. A cela s’ajoute le fait que la condition humaine est marquée par la disproportion des désirs qui est freiner par les forces limitées de l’Homme qui est donc misérable car il désir ce qu’il ne peut pas atteindre, c’est ce que annonce d’ailleurs Pascal avec « C’est être malheureux de vouloir de ne pouvoir ». L’Homme est donc qu’un être caractérisé par sa finitude troisième obstacle évident qui arrête l’ascension de l’humanité vers le bonheur. En effet, il est difficile de parler du bonheur sans parler de la question du temps. Qui a conscience de ce qui n’est plus, de ce qui ne peut plus jamais être pareil, à qui les êtres les plus chers seront un jour arrachés, comment un tel être peut-il accéder au bonheur? Être confronté a la conscience du temps c’est être conscient de l'irréversibilité du temps et donc de la mort comme le dis Baudelaire dans Le goût du néant   « Le temps m’engloutit, minute par minute comme la neige immense, un corps pris de raideur. ». D’autre part, cette finitude induit aussi que l’Homme n’est pas dans le monde comme un maître capable de soumettre les événements à sa volonté, or étymologiquement le bonheur composé de « bon » et « heur » qui signifie chance d’ou le bonheur dépend donc d’un cours de circonstances favorables et est donc complètement fortuit, par exemple Dans  Le Prince , Machiavel compare la fortune à un puissant torrent. Un torrent peut fertiliser les plaines, être à  l’origine de prospérité , mais il peut aussi être ravageur et destructeur . La fortune sur ce même model peut alors soit être source de bonheur ou bien l’arrêter. Outre l’essence fortuite du bonheur, il dépend des circonstances extérieur à l’individu, les liens avec les autres Hommes sont des vecteurs essentiels au bonheur, quelque soit leur nature ( affective, familiale, amicale…) la vie en société impose une constante interaction entres les individus. Pour Aristote, les seuls êtres capables de vivre seuls sont les bêtes et les dieux. Dans l’ Éthique à Nicomaque , il ajoute que même le sage a besoin d’amis s’il désire être heureux. Cependant, l’Homme n’a pas la main prise sur les actions et les comportements d’autrui. Il est donc inconcevable de part la position que la nature lui a attribué de modeler les autres pour qu’il puisse garantir son bonheur qui restera alors aléatoire et discontinu.

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03 textes argumentatifs sur le bonheur

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Exemples de textes argumentatifs sur le bonheur :

Texte argumentatif n°1 - l'importance du bonheur dans notre vie :, texte argumentatif n°2 - le bonheur : un trésor indispensable à cultiver, texte argumentatif n°3 - le bonheur : une illusion dangereuse.

En conclusion, cet article sur Lettres et Langue Française a souligné l'importance du bonheur comme un élément indispensable de notre vie quotidienne. Que ce soit pour notre santé mentale, notre réussite professionnelle ou nos relations sociales, le bonheur joue un rôle crucial dans notre épanouissement global.

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La question morale du bonheur

Le commun ne cesse de répéter que le bonheur est le but de la vie, qu’il faut donc tout faire pour être heureux, et qu’on peut estimer avoir bien vécu quand la vie qu’on a menée peut globalement relever de cette idée. La notion de but signifie qu’une volonté s’est déterminée par une représentation. Si le bonheur est le but de la vie, cela peut donc signifier ou bien qu’il y a un Dieu qui  veut  que la vie débouche sur le bonheur, auquel cas c’est plutôt du souverain Bien (union du bonheur et de la vertu) qu’il s’agirait, ou bien que l’homme, sorti de sa propre vie par sa capacité réflexive, fait de cette vie le moyen du bonheur qui en serait dès lors la vérité. Car c’est la fin qui est la vérité du moyen en tant que moyen. Or cette vie qui serait moyen pour le vivant d’accéder au bonheur, elle comprend en elle-même la réflexion et la raison qui auront assuré cette position. Pour comprendre l’injonction commune au bonheur, il convient donc de commencer par la prendre à la lettre en examinant la possibilité de considérer le bonheur  comme le but non seulement de la vie, mais de la raison  qui en fait partie et qui serait en quelque sorte comme un moyen de nature seconde. Car si la vie est réflexivement constituée en moyen du bonheur, cela implique pour la raison qu’elle soit finalement constituée en moyen pour la vie. Ceci pour respecter le dit de l’injonction. Mais il n’y a de dit que d’un dire, et le second moment est celui d’une intelligence de cette injonction comme telle : comme injonction d’abord, c’est-à-dire comme parole de maître valant universellement, et comme injonction à être heureux ensuite, c’est-à-dire comme définition de chacun à partir de ce qui comblerait sa sensibilité. D’où cette question :  en quoi la conscience commune est-elle si intéressée à ce que chacun soit heureux ou du moins fasse tout pour l’être ?

Cet idéal de l’imagination est exclu de la nécessité exigée par sa propre notion

Kant, penseur de la réflexion et dont les positions sont pour cette raison paradigmatiques, fait remarquer que l’idée de bonheur est d’emblée contradictoire. D’une part, dans son aspect  formel , elle renvoie à une totalité absolue, puisqu’elle suppose, pour le maximum du bien être possible, la totalisation certaine du présent et de l’avenir. Cette notion implique donc que nous possédions la parfaite connaissance de toutes les conditions de la vie, c’est-à-dire que nous soyons  omniscients . Comme ce n’est pas le cas, nous sommes contraints de nous contenter d’observations et de règles empiriques. La relativité du bonheur, son caractère ” sublunaire ” comme dirait Aristote, nous cantonne par conséquent dans l’ordre de l’habileté (Geschicklichkeit), incommensurable non seulement à l’absoluité de la conscience morale qui fait notre dignité, mais encore à l’absoluité de la notion même du bonheur. D’autre part, dans son aspect  matériel , l’idée du bonheur ne peut pas contenir autre chose que des données particulières que nous aurons généralisées selon une légitimité toujours douteuse. Chacun a donc une représentation de son bonheur dont la partialité et la contingence jurent avec idéal de plénitude de la satisfaction que signifie l’idée de bonheur. ” L’idée de bonheur est donc un idéal, non pas de la raison, mais de l’imagination, fondé uniquement sur des principes empiriques, dont on attendrait vainement qu’ils puissent déterminer une action par laquelle serait atteinte la totalité d’une série de conséquences en réalité infinie. ” Un but étant une détermination de la raison et non de l’imagination, et la première répondant seule au critère de la nécessité quand la seconde reste le domaine d’une certaine contingence, ce premier argument, suffisant en droit, récuse l’éventualité représentative que nous consacrions toute notre vie à la tâche de nous rendre heureux. Premier moment de la déconstruction par elle-même de l’injonction commune.

Le philosophe souligne également la naïveté d’une telle entreprise, qui supposerait la nature magiquement adaptée à nos souhaits. On peut certes user de prudence (mais vivre prudemment, est-ce vivre ?) et par là diminuer les risques de malheurs ; cependant nous devons savoir que beaucoup d’entre eux échappent totalement à notre prévision (c’est la définition même de l’accident qu’il soit imprévisible, même si on peut faire en sorte qu’il soit moins probable), et même à toute éventualité d’être empêchés (si prudent et retenu qu’on soit, on mourra, et surtout ceux qu’on aime mourront). Il est donc absurde de déterminer sa volonté par la représentation hasardeuse d’un idéal dont la réalisation présente en outre la propriété de ne quasiment pas offrir de prise à la volonté. L’idée du bonheur comme but de la vie est donc logiquement absurde. Que veut donc la conscience commune quand elle veut que nous soyons heureux ? Tout autre chose, apparemment.

Purement sensible, le bonheur ne relève pas de la morale, voire la contredit

Si un but est une détermination de la  volonté  et pas simplement du désir ou du souhait (voire de l’envie, qui est la souffrance de voir la satisfaction des autres), il doit correspondre aux fins de la raison en tant que telle. En quoi c’est la nécessité morale que l’on désigne : agir moralement, c’est  seulement  agir comme la raison nécessite qu’on agisse, autrement dit c’est s’en tenir à la forme même de la raison, à la légalité pure des actions. Ainsi pour savoir si le bonheur peut être un but pour la vie, il faut s’interroger sur sa compatibilité avec l’exigence morale.

  • a) la question du bonheur est étrangère à la question morale

Un premier argument s’impose immédiatement : le bonheur ne relève pas de la morale, c’est-à-dire du  commandement  par quoi la raison s’impose à la sensibilité, puisqu’il relève de cette sensibilité même – et qu’il va dès lors de soi qu’un être sensible le souhaite pour la  seule  raison qu’il est sensible. Autrement dit, il serait absurde d’accorder la moindre valeur morale à ce qu’on recherche spontanément : on ne peut dire qu’on a du mérite à travailler à son propre bonheur. En ce sens le bonheur est parfaitement étranger à la question de la liberté dont la morale est la mise en œuvre, précisément à cause du caractère formel et non matériel de cette dernière. Or le devoir n’a de sens que par la liberté, à laquelle l’aspiration au bonheur est dès lors étrangère : la liberté est  autonomie  (se déterminer par soi-même, donc d’une manière purement formelle parce qu’autrement on serait déterminé par le caractère désirable de tel ou tel objet), alors que la notion du bonheur est celle de l’ hétéronomie , puisqu’il s’y agit de la manière dont le monde se conciliera avec nos exigences sensibles, telles qu’elles sont conditionnées par les objets qui se présentent à elles. Autrement dit le bonheur relève d’une singularité, telle que mon expérience factuelle et contingente la constitue dans mon imagination, et par conséquent reste étranger à la détermination formelle et universelle de la bonne volonté, c’est-à-dire de la volonté qui ne se détermine que selon le respect de la loi comme loi. Le bonheur qui relève de la prudence non de la nécessité catégorique reste très clairement étranger à la question morale.

Mais il faut aller plus loin encore dans cette direction, et rappeler que la question morale a été résolue par Kant au moment où il l’a libérée du  savoir  de son objet. Dans l’Antiquité, il était toujours question d’agir selon le Bien, et par conséquent d’en avoir la connaissance. Concrètement la question de la morale était confondue avec celle du savoir et de la sagesse. Or même ” un humble artisan “, nous dit Kant, est susceptible de hauteur morale, bien qu’il n’ait jamais entendu parler de l’Idée platonicienne du Bien ou de la sagesse des stoïciens, parce qu’il possède la raison en lui (c’est un être humain) ; et la raison, par définition, est purement formelle. Nous savons tous, autrement dit, qu’une action strictement morale est celle que nous accomplissons par représentation de la loi pure c’est-à-dire en tant que représentants de l’humanité. La morale exclut tout savoir déterminé :  elle ne dit pas ce que je dois faire, mais seulement que je dois  – la déterminité des actions n’étant impliquée que dans le caractère impératif du devoir, c’est-à-dire dans la nécessité que la formalité de la loi s’impose à l’encontre de la sensibilité qui est toujours concrète.

Or justement, comme idéal de l’imagination,  le bonheur renvoie chacun au savoir de ce qui le rendrait heureux , tel qu’il peut le constituer empiriquement.

Si maintenant on se place d’un point de vue subjectif, la question devient celle de la valeur morale du sentiment. En effet le bonheur relève éminemment de cette problématique, puisqu’être heureux ne diffère pas du sentiment d’être heureux (alors que se sentir en bonne santé peut être illusoire, par exemple). Or le sentiment est exclusif de la nécessité rationnelle, et par conséquent pour nous de l’idée même de but pour la vie. Kant donne plusieurs raisons, que je rassemble et résume à grands traits : 1) aucun sentiment n’est jamais pur ; 2) le sentiment est matériel et non pas formel ; 3) il existe en fait et ne vaut pas en droit ; 4) il est contingent et non pas nécessaire ; 5) il est fluctuant et non pas fixe. Bref le sentiment ne peut justifier l’action morale.

  • b) faire du bonheur une fin en soi contredit la morale

Mais la détermination de la volonté par le bonheur n’est pas seulement étrangère à la nécessité morale, elle lui est aussi contraire. C’est l’envers de l’argument qu’on vient de développer sur le caractère purement formel de la nécessité morale.

Le bonheur serait bon par lui-même, si sa notion peut déterminer l’idée d’un but pour la vie. Or ” bon moralement ” signifie  bon  sans restriction, c’est-à-dire sans égard pour les conditions intérieures (sentiments) et extérieures (résultats) de l’action. Si la bonté morale est sans restriction, cela signifie qu’elle est universelle ; et si elle est universelle,  cela signifie que son objet ne compte absolument pas  : le prédicat ” bon ” ne s’applique désormais qu’à la volonté et nullement à l’objet voulu, si la valeur morale de l’action tient  uniquement  à celle de la volonté dont elle est la mise en œuvre. Il faut donc distinguer ce qui est  optatif  et qui est l’objet de l’intention (sur quoi porte mon désir ?), de ce qui est  impératif  et qui se reconnaît uniquement par son rapport à la loi (comment va volonté se détermine-t-elle elle-même, autrement dit que dois-je faire ?). On voit bien que  le désir de bonheur est optatif et non pas impératif.  Ce qu’on peut encore traduire par l’opposition du désir qui renvoie à la sensibilité, et de la volonté qui renvoie au statut de sujet libre, ne se déterminant que par la représentation de la loi et nullement par l’attraction d’un quelconque objet .  Nous retrouvons l’autonomie déjà citée : la condition de la valeur morale est que la dépendance à l’égard des circonstances, et donc aussi le contenu matériel de nos actions, ne compte pas. Or le bonheur, c’est justement qu’ils comptent – comme l’indique notamment l’étymologie qui renvoie à l’idée de rencontre favorable ! La volonté morale est la position libre de soi comme agent moral, et elle s’oppose donc par principe au bonheur qui est celle de soi subissant la réalité comme favorable. Ce qu’on peut encore exprimer en disant que le bonheur, façon de ressentir la vie, est passivité et sensibilité, alors que la morale n’a de sens que comme activité du sujet raisonnable en tant que tel. Bref,  le bonheur accomplit la sensibilité, alors que c’est précisément à son encontre qu’on peut seulement parler de valeur morale  (sinon on peut au mieux agir conformément au devoir, comme quand on aide ses amis par amitié mais pas par devoir).

Voyons la portée de l’argument : si je décide originellement que mon bonheur constituera le motif ultime de mes actions, par opposition au respect pour la loi morale, cela ne signifiera certes pas que je serai un criminel (je peux être d’un ” bon naturel ” et me rendre heureux de servir les autres), mais cela signifie que je fais de mon intérêt sensible et égoïste le principe déterminant de mon libre arbitre.  Or en cela consiste exactement la racine du mal !  Car ce n’est plus ensuite qu’une question de hasard et de complexion naturelle que je devienne un criminel ou non (si j’ai du plaisir à tuer, je tuerai – exactement comme je servirai les autres si j’ai du plaisir à le faire : la même maxime est à l’œuvre). Cela signifie plus simplement que j’aurai décidé que ma raison, c’est-à-dire mon statut de représentant de l’humanité, ne comptera pas et que ma satisfaction sensible sera seule à compter. Déterminer ainsi l’impératif par ce qui est seulement optatif, autrement dit prendre comme principe de son agir non la forme de la légalité mais l’attrait de l’objet sur quoi porte l’action, voilà donc expressément définie la volonté  mauvaise , sans équivoque possible. Loin de pouvoir (moralement) être un but pour la vie,  le fait d’instituer le bonheur comme tel est le critère même de l’immoralité !

Cette conclusion est très évidente quand on est attentif à ce qu’implique la notion du bonheur : relevant de la sensibilité qui est aveuglement à ce qui n’est pas soi,  il est forcément égoïste , même s’il conduit à des actes apparemment généreux (qui ne sont alors qu’une forme dérivée d’égoïsme, comme dans le cas des gens ” spontanément sympathiques ” qui se font plaisir en faisant plaisir aux autres, ou dans le cas de l’amour des autres qui est simplement la réalité du besoin affectif qu’on a d’eux). Et puis surtout ayons conscience que  prendre un sentiment comme mobile, c’est ouvrir la porte au mal , puisqu’avec ce même principe on pourrait aussi bien prendre la haine que l’amour, l’égoïsme que la générosité : ce sont également des sentiments.

A ces arguments kantiens, on peut en ajouter un dernier qui renvoie à l’idée même d’un but de la vie : elle signifie que, le but étant fixé,  aucun prix n’est jamais trop élevé , dès lors précisément qu’il est absolu c’est-à-dire vaut pour la vie en général (devant l’absolu, toute grandeur est comme rien). Les totalitarismes qui se sont abattus sur notre siècle en sont l’illustration tragique, et plus particulièrement le communisme à cause de la légitimité apparente de son idéal : s’il s’agit de libérer l’Humanité dans son ensemble, alors non seulement les assassinats sont permis (à commencer par celui des Romanoff, y compris femmes, enfants, médecin, domestiques… – ce qui suffisait à indiquer dès l’origine le caractère criminel de toute l’entreprise), mais encore on pourra exterminer autant de catégories que nécessaires dans la population, et selon une extension que le parti seul, qui est au dessus de la loi, sera à chaque instant libre de diminuer ou d’augmenter (extermination des koulaks en Russie, des intellectuels au Cambodge, etc.). Or ce principe d’épouvante qui veut que la fin justifie les moyens, si on le considère à la simple échelle subjective, fait apparaître le caractère abominable de son principe : si le bonheur est vraiment le but de la vie, aucun prix n’est trop élevé et l’on peut concevoir qu’un homme, disposant d’un philtre d’oubli lui permettant d’éviter tout remords, accepte de payer son bonheur de la souffrance d’innocents (tortures d’enfants, etc.)… En fait cet argument est plus convaincant que ceux de Kant, puisque l’horreur qu’il suscite persiste au-delà de la critique de la réflexion comme position de principe.

  • c) mais la réflexion fait de la recherche du bonheur un devoir indirect

Nous avons vu que prendre le sentiment comme principe de l’action morale était, du point de vue de la réflexion dont la morale est la mise en œuvre, cause expresse d’immoralité : il peut s’agit aussi bien de la haine que de l’amour, de la jalousie que de la générosité, parce que la détermination de la subjectivité est toujours contingente. Cela dit, les sentiments ne se valent pas, ce qui prouve de toute manière que nous les soumettons préalablement à la morale ; de sorte que sous le contrôle de la morale une vie affective est non seulement possible mais souhaitable. Si la recherche du bonheur pour lui-même procède d’un principe immoral, rien ne serait plus absurde que d’imaginer qu’il y ait de l’immoralité à être heureux.

L’universalité de fait du désir de bonheur, que nous ferons momentanément semblant d’accorder à Kant, l’arrache à sa propre contingence : il souligne ainsi qu’on peut supposer cette fin réelle chez tous les êtres raisonnables,  en vertu d’une nécessité non pas de la liberté mais de la nature . L’impératif le concernant devient donc  assertorique  (concerne le contingent, les vérités factuelles), entre l’universel formel et la singularité matérielle. Ainsi la recherche du bonheur trouve dans son universalité  de fait  la possibilité d’être légitimée comme devoir indirect. Et certes le malheur rend plus difficile l’action par respect pour la pure forme de la loi, puisqu’il pousse à écouter surtout sa sensibilité ; de sorte que nous avons le devoir de nous mettre dans les meilleures conditions possibles pour accomplir notre devoir, autrement dit de travailler à notre bonheur. Cet impératif indirect rend au bonheur une dimension morale ; mais il s’agit d’une valeur secondaire, inscrite dans l’impossibilité a priori d’en faire le but de la vie.

A quoi peut-être on objectera à Kant que les meilleures conditions possibles pour faire son devoir sont non pas le bonheur (où le sensible est ce qui compte seul) mais l’absence de malheur – laquelle n’est pas du tout la même chose (les confondre reviendrait à dire par exemple qu’il suffit de n’avoir pas de dettes pour être riche) ; de sorte que ce dernier argument qui faisait du bonheur une condition indirecte du devoir et par là en légitimait indirectement la recherche paraît pour le moins sujet à caution.

Le souverain bien comme nécessité à la fois transcendantale et métaphysique

Si la recherche du bonheur et la moralité sont, comme principes déterminants de notre agir, exclusifs l’un de l’autre,  l’idée de la vertu implique subjectivement que nous pensions leur unité, sous le nom de ” souverain bien ”  (à ne pas confondre avec le bien suprême, qui est le fait d’agir par devoir). Il n’est pas en notre pouvoir d’assurer la convergence du bonheur et de la vertu, mais nous en formons la ” synthèse a priori ” en la reliant aux ” postulats de la raison pratique ” que sont l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme – dont la négation priverait de sens et réduirait à l’état de ” vaine chimère ” (sans toutefois rien changer à son caractère inconditionnel) la nécessité morale. Individuellement, celle-ci se ramène donc à la  nécessité d’être digne du bonheur du point de vue de l’auteur hypothétique de la nature .

Mais quand on pose la question de la possibilité concrète du bonheur, on aperçoit que la portée de l’action morale  concerne le bonheur universel et non pas le bonheur individuel . C’est en tout cas ce qu’on peut penser en considérant, dans la philosophie de l’histoire dont Deleuze montre qu’elle est inséparable de la téléologie kantienne (de fait la nature répond par ses productions aux nécessités de notre jugement), l’idée d’une providence à l’œuvre dans la société des hommes : une sorte de ” ruse de la raison “, pour reprendre l’expression de Hegel, qui fera de leur ” insociable sociabilité ” le moyen paradoxal de l’avènement d’une humanité accomplie. Concrètement donc  il y a contradiction entre bonheur et moralité si l’on ne considère l’idée de bonheur que selon l’individu, qui ne compte pas pour Kant  (car chacun ne compte que comme représentant de l’humanité – ce qui revient bien à dire qu’en lui-même il ne compte absolument pas). Autrement dit Kant renvoie la question de la fin à la réalisation de l’humanité en général, qui est l’Histoire dont l’accomplissement serait une ” constitution civile parfaite “. On peut penser que la nature y va, parce que la nature donne son accord à notre sens esthétique (libre jeu de nos facultés) en offrant le spectacle de la beauté, et en offrant l’idée d’un sens de tout à travers la finalité générale du sensible, telle qu’elle apparaît dans l’heuristique systématique.   Mais cette direction vers le souverain bien vaut seulement pour l’espèce, et tendanciellement : pas du tout pour l’individu aux yeux duquel l’histoire reste faite d’absurdités erratiques. Fidèle à la nécessité réflexive pour laquelle chacun ne compte que dans son statut de représentant (c’est comme représentant l’humanité, et donc pas en lui-même, que chacun est respectable), Kant situe la réalisation du souverain bien au niveau de l’espèce : la fin est l’humanité et non l’individu. Comme être raisonnable, je ne compte donc pas : c’est l’humanité qui compte en moi, et c’est de cette division que la notion du bonheur peut recevoir sa dimension positive, à la fois métaréelle (tendance de la nature) et idéale (c’est selon son appartenance à l’humanité, et non pas évidemment selon sa vie réelle, que je dois considérer tout être humain comme digne d’être heureux).

Il faut être indigne de sa propre humanité pour faire de la raison un instrument au service de la vie.

Faire du bonheur le but de la vie, en tant que la notion de but engage celle de la raison et en tant que celle du bonheur ramène tout à la sensibilité, revient à faire de la raison l’instrument de la vie et donc de la nature. Aux paragraphes 83 et 84 de la  Critique  de  la Faculté  de juger , Kant examine cette question et rappelle que la nature de l’homme (sensibilité ET liberté) ” n’est pas telle qu’elle puisse trouver son terme et se satisfaire dans la possession et la jouissance “, et que de toute façon la nature ne veut pas par elle-même son bonheur (à l’irréductible adversité naturelle s’ajoute celle que les hommes sont les uns pour les autres). Jamais la raison ne peut se soumettre à la vie parce que la finalité qui définit celle-ci renvoie nécessairement à l’idée d’une fin dernière, dont l’homme seul, et en tant qu’il n’est pas naturel, est la réalité : non seulement il ” possède un entendement, donc une faculté de se poser arbitrairement des fins “, mais encore cette position, effectuant l’autonomie, cesse d’être arbitraire quand elle s’identifie à sa propre formalité. Autrement, on en resterait à des fins conditionnées par lesquelles l’homme ne s’accomplirait pas plus lui-même qu’il n’accomplirait la nature en général. En quoi c’est bien du bonheur qu’il est question, ” la matière de toutes ses fins sur terre, qui le rend incapable, s’il en fait son but unique, de poser une fin dernière à son existence et de s’accorder avec celle-ci “.

Il est absurde d’imaginer que la vie soit la vérité de la raison  parce que seule la raison est pensable comme position d’une fin . C’est que les fins doivent non seulement rendre compte de la  possibilité  de ce qu’elles concernent et donc de sa complexion (par exemple si le bonheur était le but de la vie, cela expliquerait la dimension sensible de l’être humain) mais surtout de sa réalité. Autrement dit la question qui se trouve impliquée dans cette hypothèse qu’il y aurait un « but » à la vie et que ce but serait le bonheur est la suivante : pourquoi l’homme existe-t-il, tel qu’il est c’est-à-dire avec son penchant universel au bonheur ?Traduisons :  en quoi est-ce une bonne chose d’exister , dès lors que cela implique pour le sujet qui se le demande, et donc contre le sujet mondain qu’il est par ailleurs, le statut de fin en soi   ? Ainsi ” le bonheur n’est qu’une fin conditionnée, tandis que l’homme ne peut être fin dernière de la création [et donc aussi de son vouloir, si l’idée d’une finalité du monde renvoie à un vouloir] qu’en tant qu’être moral “. La raison, précisément parce qu’elle est la capacité de poser des fins, est par là même la seule fin suprême que la raison puisse reconnaître, toute autre fin devant encore relever d’elle et par conséquent s’y trouvant subordonnée, faute de quoi son irrationalité interdirait d’y apercevoir jusqu’à la possibilité d’en faire une fin. Bref, seul le ” sujet de la moralité “, celui qui pose des fins irréductibles dans leur principe à tout déterminisme naturel (des fins effectuant la loi morale, en tant qu’elle est prescrite inconditionnellement), peut être représenté comme fin dernière de la nature – et donc aussi de sa vie propre, dès lors qu’il est réflexivement par rapport à cette vie comme un être suprasensible et intentionnel pourrait l’être relativement à l’existence de l’univers. En effet, ajoutera-t-on, chacun décide de son existence : on n’a pas demandé à venir au monde, mais on n’y reste qu’autant qu’on le veut bien, de sorte que chacun est pour lui-même la volonté qui décide de sa vie, en impossibilité radicale d’un but matériel (c’est-à-dire déterminé dans son contenu) soit déjà donné. Le serait-il d’ailleurs qu’il faudrait  encore  décider de la position à adopter envers lui : s’y soumettre, se révolter contre, y être indifférent ? De sorte qu’il revient en fin de compte au même qu’un tel but existe ou qu’il n’existe pas : c’est toujours de soi comme sujet et non pas de soi comme heureux qu’il s’agit, quand on est un sujet, si passionnément attaché qu’on soit à refuser de le voir.

Conclusion : le bonheur et la nécessité morale

Quand même le commun aurait raison de considérer le bonheur comme le « but » de la vie, autrement dit même si cette idée n’était pas absurde, il n’aurait de toute façon fait que repousser d’un cran la question que chacun reste pour lui-même – cette question inconnue et toujours singulière que la pensée commune se définit précisément d’avoir toujours déjà remplacée par des réponses convenant à  n’importe qui. Et certes, n’importe qui souhaite être heureux – avérant par là qu’il est bien n’importe qui, comme il appartient en effet à n’importe qui de l’être. Dans l’injonction adressée à chacun d’être heureux le commun montre seulement qu’il est le commun, c’est-à-dire que la singularité lui est insupportable et qu’il faut donc à la fois l’interdire (notamment en étant outré de la récusation d’un tel idéal) et la réduire au particulier des déterminismes empiriques (le bonheur est « subjectif »).

Il montre aussi qu’il est divisé, et que cela lui insupporte également. C’est ce qu’on vient d’apercevoir en confrontant l’idéal commun à la nécessité que la pensée commune est formellement pour soi. Car enfin, la conscience morale n’est-elle pas la conscience commune ? Une bonne action n’a-t-elle pas très précisément pour réalité d’être celle que n’importe qui doit faire  pour la seule raison qu’il est n’importe qui  ? C’est en effet toujours la conscience mauvaise qui se présente à elle-même comme une exception – comme dans l’exemple du fraudeur qui veut que tout le monde paie son impôt mais qui a, lui, une très bonne raison particulière de ne pas le faire. Dès lors doit-on admettre la division de la conscience commune entre sa nécessaire formalité (quand on réfléchit, on fait forcément abstraction du contenu de sa vie pour s’installer comme esprit universel) et l’idéal empirique qu’elle se donne, idéal dont la réflexion sur le bonheur comme « idéal de l’imagination » montre qu’ il est expressément celui d’être le semblable de ses semblables  – puisque cette définition contient aujourd’hui en elle l’idée de retrouver son moi à l’extérieur de soi (chacun a comme idéal de bonheur de se retrouver c’est-à-dire de ne pas différer de ce moi).

On a compris que la contradiction impliquée dans l’idée du bonheur comme but de la vie est   moins celle d’une idée que celle d’une position subjective : la volonté d’être n’importe qui alors qu’on est soi d’une part, la volonté d’être n’importe qui alors qu’on jouit d’être semblable  à ses semblables d’autre part.

Car d’une part personne n’est n’importe qui, puisque chacun reste (le plus souvent à son désespoir et à sa rage) la promesse singulière d’une existence singulière, c’est-à-dire inouïe. De fait, la première parole n’advient que comme réponse ; de sorte que ce à quoi on répond a  par là même  statut de promesse : une promesse posée par l’humanité ainsi devenue sujet singulier, puisque c’est singulièrement qu’il y sera (ou pas) répondu. Il suffit d’avoir vu un nouveau né pour l’avoir  constaté  : c’est toujours d’ inventer  l’humain qu’il est question au seuil d’une vie (être  sujet  d’une humanité dès lors forcément  originale ) ; autrement dit ce n’est  jamais  un avenir de pharmacien, de chef de bureau ou de paisible retraité qu’on aperçoit dans un berceau, puisque la question d’accomplir singulièrement l’humain – et même au-delà : accomplir toute existence –   qui est la question de chacun , ne peut avoir pour réponse qu’une modalité libre (fin en soi c’est-à-dire digne, par opposition aux réalité triviales toujours plus ou moins directement instrumentale)…

C’est par conséquent du même mouvement qu’on se trahit soi-même en éludant la question singulière d’être sujet dans la diversité des nécessités plus ou moins importantes, qu’on trahit l’humanité en la ravalant au rang de conditions instrumentales de l’instrument (des milliers d’années de souffrance et de civilisation, d’efforts, d’intelligence et de génie, viennent finalement s’échouer dans la médiocrité des ambitions normalisées du moi), et qu’on trahit l’existence en général dans la trivialité d’une réponse relative et conditionnelle (l’absolu du « quelque chose et non pas plutôt rien » est bafoué dans la relativité d’une situation instrumentale c’est-à-dire pourvue de valeur relative mais non de dignité). Personne n’est sans savoir qu’il en est ainsi.

Cela oblige alors à se réfugier dans une réflexion abstraite arguant de la dignité évidemment irrécusable de tout sujet, dont on ne voudra surtout pas se demander ce qu’il aura fait de soi, donc de l’humanité et de l’existence en général dont chacun est pour soi l’héritier unique et totalisant. Par cette réflexion on rendra au sujet le statut de fin en soi dont sa réalité effective de sujet avait consisté à démissionner. La notion de « bonheur » dit expressément la nécessité d’une telle restitution, puisqu’elle est l’indication d’une installation pour soi dans ce statut de fin en soi, sans qu’on ait autrement à le déterminer.

Dès lors devient-il clair que  le sens ultime de la notion de bonheur est de dire la réalité d’une trahison  : celle de la substitution du moi au sujet, autrement dit des raisons communes et des identifications à l’invention inouïe de soi, de l’humanité, de l’existence. Et comme d’autre part l’universalité de la conscience réflexive (réfléchir, c’est prendre un point de vue qui soit expressément celui de n’importe qui) jure avec les identifications constitutives du moi (l’entendement avec l’imagination, si l’on préfère), il appartiendra à cette  notion écran  qu’on lui découvre comme contenu les identifications particulières du moi. Car s’il s’agit de se produire imaginairement comme fin en soi pour parer à la reconnaissance de la trahison de soi (autrement dit au refus de sa propre étrangeté), alors on ne réalisera ce dessein qu’à rassembler en elle les identifications qui permettent au moi toujours particulier d’effacer jusqu’à la trace du sujet toujours singulier et inouï – ce qu’il fera en se retrouvant dans la plénitude de son semblable. Cette trace en soi est toujours une effraction, qui prouve la division (on ne se reconnaît sujet qu’à s’étonner d’avoir fait ce qu’on n’avait pas la possibilité préalable de faire). D’où l’idée de plénitude, d’harmonie avec soi et avec le monde qui caractérise l’idée de bonheur. Il appartient donc expressément à la conscience réflexive, parce qu’elle est la substitution actuelle du moi au sujet, qu’elle se trahisse en quittant l’universalité qui conditionnait pourtant sa légitimité, et qu’elle s’accomplisse en « idéal de l’imagination ».

Le bonheur est l’horizon du moi, lequel est le commun du sujet – non seulement parce que chacun a forcément un moi mais encore parce qu’il est fait des identifications qui eussent été celles de n’importe qui à la même place. S’identifier à son moi revient donc, comme tout le monde l’a toujours su, à jouir d’être commun. C’est de cette volonté de jouissance bien spécifique qu’est fait le recours si fréquent à la notion de bonheur.

Le commun (c’est-à-dire tout le monde – et donc chacun en tant qu’il est n’importe qui) doit barrer la double contradiction d’un sujet singulier et de l’universalité réflexive d’une part, de cette universalité et de la particularité des identifications d’autre part : la première au moyen d’une  parole de maître  (« tu dois ») qui rassemble inconditionnellement tout le monde dans la soumission au même idéal, la seconde au moyen d’un idéal empirique qui permette à chacun de s’admettre dans sa jouissance d’être semblable à ses semblables alors que l’universalité de la conscience commune l’ oblige  à s’en tenir à l’idée pure d’humanité.

Cette généalogie se donne à voir concrètement quand on réalise que  le bonheur est d’abord l’idéal de ceux qui n’ont pas d’idéal . Le militant, l’ambitieux, le patriote, en un mot tous les serviteurs de l’idéal, eux, n’ont que faire d’être heureux – ou alors ils ont vraiment choisi les plus absurdes moyens – le souci, l’épuisement au travail, la souffrance, parfois la mort – pour y parvenir ! Les gens qui ne veulent ni sauver le monde ni conquérir des places en vue, autrement dit qui n’ont pas d’autre idéal que d’être les semblables de leurs semblables, ont le bonheur comme but,  lequel consiste donc concrètement à être comme tout le monde  (qui l’a jamais ignoré ?). Les premiers parent d’une manière universelle à la double contradiction dont est faite la conscience commune, et les seconds d’une manière particulière. On s’arrête là, car l’idée d’y parer singulièrement serait contradictoire : on n’est soi que sans le savoir, après coup et donc dans le radical de la division, bref sans soi (par exemple en retrouvant une vieille missive et en y découvrant une faute d’orthographe signifiante : « j’étais là, à ce point de substitution d’une lettre à une autre, et je ne le savais pas »).

A l’idéal en général et à celui d’être heureux en particulière s’oppose ainsi  l’étrangeté que chacun reste pour soi dans la promesse incompréhensible dont il est littéralement fait , si chacun est sujet, et si le propre d’être un sujet est d’avoir à être sujet – autrement dit si être sujet n’est pas une nature (on serait sujet comme une table est une table) mais déjà et encore une responsabilité qu’on ne peut pas prendre mais qu’on a  déjà  prise ou refusée de prendre : celle de soi, toujours déjà engagé dans une promesse ignorée d’humanité inouïe.

Parce qu’ils sont des commandements communs c’est-à-dire des injonctions à devenir tous pareils, les idéaux sont les produits du ressentiment à l’égard de la promesse singulière d’un destin inouï que chacun reste malgré tout. En ce sens et pour le dire en langage freudien, l’ « idéal du moi » vaut  contre  le sujet – la question des serviteurs de l’idéal étant toujours celle de réussir à n’être pas sujets en faisant advenir totalement ce à quoi ils se sont voués. Mais l’universalité impliquée dans l’injonction commune force chacun à se distinguer de celui qu’il a la jouissance d’être (Kant dit que le devoir « humilie » le sujet empirique, celui dont nous savons qu’il se construit par identification au semblable), c’est-à-dire à renoncer à la jouissance d’être le même que les autres. De fait, la conscience morale est une division : si on veut faire son devoir, on se retrouve vite séparé des autres et contraint d’agir seul, contre tout le monde. Et c’est intolérable au commun qui n’est précisément rien d’autre que la jouissance de devenir le même qu’il était déjà, en abandon de l’inouï de chaque existence. Le « moi idéal » (le semblable donné) récuse par conséquent l’ « idéal du moi » (le semblable à venir) comme celui-ci récusait l’inouï d’exister singulièrement.

Les idéaux donnent des réponses communes à la question toujours singulière de l’existence (en quoi chacun d’eux est une imposture). Celui qui s’assujettit à l’injonction d’être heureux est donc fait de sa double trahison : il a toujours déjà trahi l’inouï de sa singularité au nom de l’exigence réflexive (« non pas l’existence mais l’idéal ! »), et il trahit cette trahison au nom de la jouissance d’être le semblable de ses semblables (« non pas l’universalité mais la particularité ! »). Il n’y a d’universalité qu’à l’encontre du singulier et la morale (par opposition à l’éthique où chacun assume dans la solitude la singularité d’un destin inouï) est en ce sens essentiellement servile, ainsi que Nietzsche l’avait souligné. Mais l’universalité exige encore qu’on se maintienne à sa hauteur qui est celle de l’idée d’humanité, et c’est ce que le commun ne supporte pas, qui veut la jouissance de se retrouver dans la particularité de ses semblables réels (par exemple les personnes appartenant à la même catégorie sociale que nous). Non seulement la conscience commune s’entend comme haine de la singularité (donc des singuliers comme dans l’exemple de la mort de Socrate pourtant bien commun dans son inspiration – mais uniquement au premier sens de l’universalité réflexive), mais elle s’entend finalement comme haine de soi, puisqu’elle est la conscience de n’importe qui  et que personne n’est n’importe qui . De fait, c’est encore un  sujet  qui s’est trahi en  décidant  d’être ordinaire, de vouloir ce qu’on veut quand on est quelqu’un comme lui, d’être en somme ce que le savoir de soi à titre de semblable nécessite qu’on soit. Le bonheur comme idéal – par opposition à des bonheurs comme celui qu’un cheval peut avoir à courir selon Aristote, ou comme les bonheurs d’expression qui naissent par exemple du mot d’esprit – est le nom de cette double trahison qui définit ce que Nietzsche appelle le « ressentiment »

C’est donc pour parer à  la définitive exclusivité du savoir de soi qui définit le sujet singulier  qu’on invente les idéaux ; c’est pour échapper à cette exclusivité qu’on les sert ; et c’est enfin pour échapper à la probité que cette trahison implique encore qu’on veut être heureux. La question du bonheur était bien une question morale.

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Formuler un bon argument pour sa dissertation de philosophie

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Bonjour, bienvenue dans cette vidéo dans laquelle nous allons voir comment bien formuler un argument dans votre dissertation de philosophie.

En effet, Une dissertation de philosophie est d’abord une argumentation. Il va donc être essentiel de savoir bien argumenter pour la réussir. Or, c’est aussi ce qui pose souvent problème aux élèves.  Vous pouvez avoir tendance à confondre argument et exemple ou encore à énoncer des idées sans réellement les justifier c’est-à-dire donner des arguments pour les soutenir.

Alors comment bien argumenter ?

Je vais d’abord rappeler la distinction essentielle entre un exemple et un argument puis je vous présenterai différents types d’arguments qui peuvent être utiles dans une dissertation.

Une erreur courante que l’on fait en philosophie consiste à confondre argument et exemple. Un argument est toujours général, il va justifier une thèse de manière générale alors qu’un exemple est un cas particulier. Par exemple, si vous aviez un sujet tel que « Les révolutions sont-elles toujours un facteur de libertés ? », une mauvaise façon d’argumenter serait de dire « les révolutions sont bien un facteur de liberté car la révolution française a finalement apporté davantage de libertés aux français ». Vous voyez ici que la déduction est invalide car ça n’est pas parce qu’une révolution singulière a apporté des libertés que l’on peut en déduire que les révolutions en général sont facteurs de libertés. Pour que la réponse au sujet soit véritablement justifiée il faut que l’argument soit également général. Par exemple, vous pourriez utiliser un argument définition et défendre que dans la mesure où les révolutions sont des ruptures souvent brutales avec l’ordre politique établi (définition), alors elles produisent par nature de l’instabilité, du désordre, ce qui rend les conséquences d’une révolution très incertaine. Or, si les conséquences sont incertaines, il n’est pas possible d’affirmer que les révolutions sont toujours facteur de libertés.

Ceci étant dit, les exemples sont très utiles et pertinents quand ils viennent par exemple après un argument général pour l’illustrer.

Un argument est donc une justification rationnelle et générale de la thèse que vous allez défendre. Utiliser un argument n’est d’ailleurs pas réservé à la dissertation de philosophie, vous utilisez également des arguments dans votre vie quotidienne, dès lors que vous cherchez à convaincre quelqu’un.

Dans votre dissertation de philosophie, vous allez utiliser des arguments pour justifier les différentes réponses au sujet. Comme vous faites un plan dialectique en trois parties, il vous faudra à chaque fois au moins deux arguments par partie soit au minimum 6 arguments dans votre copie. Ce sont les arguments qui vont soutenir votre thèse dans chaque partie et il faut qu’il y ait au moins un argument par sous partie.

Mais comment trouver et formuler de bons arguments ? Je vais vous donner plusieurs façons possibles d’argumenter en philosophie.

1er façon, vous pouvez argumenter en utilisant ce que je vais appeler l’argument définition

Il s’agit d’utiliser une définition pour en déduire logiquement une thèse ou une réponse au sujet. C’est un type d’argument que vous pouvez commencer à utiliser lors de la formulation de la problématique, je vous conseille d’ailleurs de regarder ma vidéo sur comment bien commencer sa dissertation si vous ne l’avez pas vu.

L’argument définition consiste alors à justifier une réponse au sujet en utilisant la définition ou un aspect de la définition d’un des termes du sujet. Par exemple, si vous avez le sujet « un homme libre est-il nécessairement heureux ? », vous pouvez partir de la définition de liberté comme libre arbitre et en déduire qu’un individu qui a le choix peut sans doute être plus heureux qu’un individu qui n’a pas le choix car il sera alors libre de choisir de faire plutôt ce qui, selon lui, le rendra heureux.

Cela donnera donc : « Nous pouvons d’abord penser qu’un homme libre est nécessairement heureux car si par libre, on entend qu’il possède la capacité de choisir alors il peut sans doute utiliser cette capacité pour faire les meilleurs choix pour lui. Un homme libre sera donc heureux. »

Vous voyez qu’ici la réponse au sujet ou thèse que vous défendez est justifiée notamment par une certaine définition de la liberté comme libre arbitre.

Vous le remarquez peut-être, ici il s’agit d’un argument plutôt naïf qui ne va pas résister très longtemps car ça n’est pas parce qu’on a le choix que l’on fait toujours les bons choix. Néanmoins cela peut être un bon argument pour une première partie de dissertation et il est de toute façon possible de faire des arguments très convaincants en utilisant des définitions.

2 façon d’argumenter : Argumenter en utilisant l’argument de fait ou d’expérience

Cela consiste à justifier une thèse en vous appuyant sur une observation des faits. Par exemple, dans le sujet le « le bonheur est-il un idéal inaccessible ? », il est possible de défendre que le bonheur ne semble pas inaccessible puisque dans les faits on observe que bien des gens sont heureux. Pour autant, ce type d’argument est à privilégier en début de réflexion car il ne s’agit pas d’un argument très élaboré et il sera facile de lui trouver des limites. En effet, même si de nombreuses personnes se disent heureuses, on pourra par exemple se demander ce qu’elles entendent par heureuse et s’il s’agit réellement du bonheur.

3e façon d’argumenter ou type d’argument : Argumenter en utilisant l’argument logique

C’est un des types d’argument les plus classiques, il consiste notamment à enchainer des propositions de manière la plus logique possible. Par exemple, si l’on prend à nouveau le sujet : « un homme libre est-il nécessairement heureux ? », il est possible d’argumenter en enchaînant logiquement des propositions. Par exemple on pourra défendre

qu’un homme libre n’est pas nécessairement heureux car même si cet homme a alors la capacité de faire des choix, cela ne signifie pas pour autant qu’il est omniscient ou qu’il sait tout, il va donc potentiellement se tromper et faire de mauvais choix même s’il souhaite faire ce qui est dans son intérêt.

Si j’écris ce raisonnement de manière logique cela pourrait donner :

 – un homme libre a la capacité de faire des choix

– or être libre n’est pas équivalent à tout savoir

– donc un homme libre peut très bien se tromper et être malheureux. 

Vous voyez qu’il s’agit dans cet argument de tirer une conclusion des propositions précédentes.

4e façon d’argumenter : Argumenter en utilisant l’argument d’autorité

Un argument d’autorité consiste à s’appuyer sur l’expertise reconnue d’une personne dans un domaine pour défendre une thèse. Il est possible d’utiliser ce type d’argument en philosophie à condition de développer les arguments de l’expert. Il n’est pas suffisant de dire « cet expert dit cela donc c’est vrai ». Il faut quand même donner ses arguments. Dans votre dissertation vous allez y recourir quand vous développez la pensée d’un auteur.

Néanmoins, attention votre dissertation doit rester votre argumentation et pas simplement une juxtaposition d’arguments de différents auteurs, il est donc nécessaire d’introduire les auteurs dont vous allez parler. Je vous conseille de formuler, par exemple, l’argument avec vos propres termes d’abord puis de faire référence à l’auteur ensuite pour développer.

Voilà pour cette vidéo j’espère qu’elle vous aidera à réussir le développement de votre dissertation, si vous voulez davantage de conseils je vous invite à aller lire mes articles sur l a page Méthode ici

Très bonne journée à vous

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Une réflexion sur “  formuler un bon argument pour sa dissertation de philosophie  ”.

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Je suis aussi enseignant de philosophie. J’ai beaucoup aimé la publication. Je vais certainement m’en servir pour préparer au mieux mes candidats. Je reste ouvert à tout échange au besoin.

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Pour trouver le bonheur, faut-il le rechercher ? (juin 2017)

Comprendre le sujet, mobiliser ses connaissances, introduction, i. la recherche du bonheur et les aléas de la fortune, 1. le bonheur comme produit de la chance, 2. le bonheur comme fruit de la sagesse, 3. la recherche du bonheur face à l'adversité, ii. recherche du bonheur et réalité du malheur, 1. le malheur comme menace permanente, 2. suffit-il de rechercher le bonheur pour l'atteindre , 3. sommes-nous impuissants face au malheur , iii. la joie comme promesse de bonheur, 1. comprendre le monde pour mieux l'accepter, 2. vivre activement pour tendre vers le bonheur, 3. ne pas seulement rechercher le bonheur, mais aussi la joie.

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Philosophie: La passion est-elle une erreur ? (dissertation)

Dissertation : L'argent fait-il le bonheur ?

Publié le 30/05/2023

Extrait du document

« Dissert philo « l’argent fait-il le bonheur » L'argent est souvent considéré comme un facteur clé du bonheur, mais cette relation est-elle vraiment si simple ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de prendre en compte les différents aspects de la richesse matérielle et de ses conséquences sur la vie des individus. L’argent dans cette société capitaliste prend un rôle très important dans la vie de chacun. Par "argent", nous entendons les ressources financières et matérielles dont dispose une personne. Elle fait souvent écho avec la réussite, la prospérité et l’aisance de vie. Ce que nous cherchons à comprendre, c’est si l’argent permet d’accéder au bonheur. Le "bonheur", il peut être défini comme un état émotionnel agréable caractérisé par la satisfaction, la joie et la réalisation de ses désirs. C’est selon certains philosophe le but ultime de toute vie humaine. En effet, chaque action réalisée serait dans la mesure finale d’atteindre un état bonheur. Cependant, il y’a plusieurs niveaux de bonheur à nuancer. Le bonheur sur le long terme qui n’est pratiquement pas accessible, et les pics de bonheurs qui représentent un moment de joie et de plaisir intense. Ce qui nous amène à nous demande si l’argent est-il nécessairement le facteur clé du bonheur. Dans cette dissertation nous examinerons d’abord la relation entre l’argent et le bonheur. Puis nous nous pencherons sur l’existence d’une potentielle source de malheur amené par l’argent. Enfin, nous verrons que la fonction de l’argent n’est pas directement attribué au bonheur mais à la réalisation ainsi que l’accomplissement de soi. L'argent est un thème central dans nos vies, tant sur le plan économique que personnel. Il est souvent considéré comme un moyen d'atteindre le bonheur. D’un point de vue physiologique, il est indéniable que l’argent permet de répondre à des besoins physiologiques tels que se nourrir, se loger ou se vêtir. Cela relève de la fonction primaire de l’argent, ces besoins sont essentiels à notre vie sinon on ne pourrait vivre. Et répondre à ces besoins permet dans un certain sens d’obtenir du bonheur. Comme le dit Albert Hirschman « Chaque fois que j’ai faim, je prends un plaisir authentique, et indéfiniment renouvelable, à remplir mon estomac… ». En effet, chaque humain ressent du plaisir de se nourrir à chaque fois qu’il a faim et c’est un plaisir qu’on ne peut épuiser car on doit se nourrir tous les jours. Cela rejoint l’avis de Fabien Trécourt « l’acquisition d’une voiture augmentera durablement le bonheur d’un individu si celle-ci offre une mobilité dont il était dépourvu jusque-là ». On comprend donc, que l’argent répond au bonheur lorsque l’utilisation de celui-ci permet de répondre à un réel besoin. D'un point de vue matérialiste, il est évident que l'argent permet d'acheter des biens et des services qui peuvent améliorer notre qualité de vie. Posséder une belle maison, une voiture confortable, ou partir en vacances dans des endroits paradisiaques sont autant de possibilités offertes par l'argent qui peuvent contribuer à notre bien-être. En outre, l'argent peut être perçu comme un moyen de sécurité et de stabilité financière, permettant d'avoir moins de soucis liés aux difficultés économiques. Également, l’argent définit le statut social et l’image d’une personne. Plus une personne est riche, plus elle sera respectée, mieux traité. De plus, certaines études ont montré qu'il existe un lien entre argent et bonheur, du moins jusqu'à un certain point. En effet, une augmentation de revenus peut améliorer notre satisfaction de vie jusqu'à un certain seuil, mais au-delà de ce seuil, cette relation ne se vérifie plus. Notamment avec l’étude de Richard Easterlin, un article de Libération qui traite de ce paradoxe dit « les habitants d’un pays ont tendance à être heureux lorsque la richesse augmente jusqu’à un certain point. Cela suggère que l'argent peut avoir un effet positif sur le bonheur dans une certaine mesure. De surcroît, posséder plus d’argent permet d’en donner à autrui. Cela permet d’améliorer son image et faire plaisir à une tierce personne contribue à notre propre bonheur, comme le dit Trécourt « le don ou le mécénat sont des shoots de bonheur sans commune avec d’autre pratiques ». Cela renforce l’estime de soi, le sentiment d’être autonome, d’avoir une place supérieure et un impact sur le monde. Cependant, cette vision matérialiste de l'argent comme source de bonheur est contestée par de nombreux facteurs.

Malgré l'importance de l'argent dans notre vie quotidienne, certains pensent que sa relation avec le bonheur est illusoire. En effet, la possession de biens matériels ne garantit pas toujours un bonheur durable et peut même avoir des effets négatifs sur notre bien-être. De plus, la richesse ne corrèle pas forcément avec le bonheur. Une étude avec le IPH (indice de planète heureuse) nous démontre que les pays les plus riches n’ont pas nécessairement les populations les plus heureuses. En effet, le Costa Rica qui a un PIB par habitant bien inférieur comparé à des pays tels que la Suisse, la France, a pourtant un IPH bien plus élevé elle est classé première dans le monde. Suivi par le Mexique qui possède un PIB par habitant faible également par rapport aux pays dits riche. Comme le dis Easterlin « une hausse du PIB n’implique pas nécessairement une hausse du bien-être ressenti par les individus ». Cela s’explique d’ailleurs par le fait que l’homme s’habitue à tout. Également, l'argent ne peut pas réellement tout acheter. Il y a des choses qui contribue au bonheur qu’on ne peut pas acheter comme la famille, de vraies amitiés. En outre, l'argent peut conduire à un sentiment de vide et d'insatisfaction. Les biens matériels ne sont souvent qu'un substitut temporaire au bonheur, car leur possession ne procure qu'une satisfaction éphémère. Les personnes qui recherchent constamment de nouveaux achats pour combler ce vide risquent de ne jamais être satisfaites, car leurs désirs seront toujours insatiables. Après avoir examiné les arguments pour et contre le lien entre l'argent et le bonheur, il est temps de se pencher sur les conséquences négatives que l'argent peut avoir sur le bien-être humain. L'argent peut également être perçu comme source de malheur. En effet, la richesse peut engendrer des dangers et des inégalités sociales qui peuvent conduire à l'insatisfaction, voire au malheur. La richesse peut amener certaines personnes à développer des comportements addictifs, tels que l'achat compulsif ou la consommation excessive d'alcool ou de drogues, qui peuvent entraîner des problèmes de santé et une détérioration des relations sociales. Par ailleurs, lorsqu’on amasse une quantité grandissante d’argent, cela devient une véritable course à l’argent. On n’en a jamais assez, c’est ce pourquoi en se comparant davantage avec autrui et la richesse future atteignable on ne se sent jamais assez heureux. Selon l’article de Fabien Trécourt « Quand nos revenus croissent, nos aspirations salariales augmentent aussi. Si bien qu’on se retrouve toujours à courir derrière un meilleur salaire ». Cette idée consolide le fait qu’on n’a jamais assez d’argent. Et lorsque que cela devient une addiction il est indéniable que cela impacte notre santé et notre bien-être. Easterlin affirme également « toute richesse, tout progrès est relatif, et se dissout vite dans la comparaison à autrui ». Cette comparaison à autrui est nocive pour l’humain. De plus, cette quête d’argent peut être source d'angoisse et de stress, et peut empêcher la personne de profiter pleinement des plaisirs simples de la vie. Également, l’acquisition d’une grande somme d’argent peut impacter notre personnalité, modifier notre sympathie ou encore notre comportement envers autrui. Ce changement peut provoquer l’irritations chez les personnes, leur haine et leur envie. Cela peut aussi influencer notre vision et nos actes, les personnes extrêmement riches peuvent se croire tout permit. Ils pensent pouvoir tout acheter et qu’ils contrôlent tout. Cependant ce n’est pas factuel on ne peut tout acheter comme vu précédemment. Ce gros changement peut bloquer l’accès au bonheur et au bien-être par des états d’esprit pauvre malgré leur richesse matérielle. Karl Marx critique d’ailleurs cette idée en utilisant l’ironie « l’argent, du fait qu’il possède la qualité de tout acheter et de s’approprier tous les objets, est l’objet dont la possession est la plus éminente de toutes ». Ici il critique l’idée de penser que l’argent permet de tout obtenir en faisant l’éloge de l’argent ironiquement. Il dit encore « moi qui par l’argent peut avoir tout ce que désire un cœur humain, ne suis-je pas en possession de tous les pouvoirs humains ? ». Il se moquer ici de cette vision controversée qu’ont les personnes très riches.... »

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Bac de philo 2024 : comment réviser la notion du bonheur avec les mangas ?

Dans “One Punch Man”, Saitama est un héros blasé et déprimé.

Professeur et TikTokeur, Gatsu Sensei nous a confectionné sa fiche de révision parfaite avec les héros de Chainsaw Man et One Punch Man .

Sa première rencontre avec un manga , c’était Naruto . Le professeur l’admet dans son nouveau livre, Manga Philo , le ninja lui a permis de s’interroger sur la morale, l’éthique, l’épistémologie et la justice. Le passionné de BD japonaises en est persuadé : ces ouvrages peuvent être une porte d’entrée ludique pour comprendre la philosophie .

Même s’ils ne doivent pas être cités dans les dissertations au profit de références comme Platon, ils permettent aux élèves d’appréhender et d’intégrer des concepts complexes. Justice , morale, religion… Cette année, les terminales seront interrogés sur l’une des 17 notions au programme. On a demandé à Gatsu Sensei de décrypter et d’analyser celle du bonheur avec ses héros favoris.

One Punch Man et l’intensification de nos désirs

Le bonheur est-il le résultat de l’assouvissement de nos désirs ? Le professeur nous offre une réponse de philosophe : « Oui et non », car cette situation peut, aussi, nous condamner au malheur. Selon Schopenhauer, le désir a une structure problématique. « Quand on désire quelque chose, on ressent un manque, donc on souffre. »

Le spécialiste prend l’exemple du dernier iPhone : on se laisse convaincre par la hype, on a très envie de l’acquérir et on souffre de ce manque. « Puis, moment de grâce, on l’achète. On ressent de la satisfaction à l’instant T – ce qui nous fait penser que le fait d’assouvir nos désirs nous rend heureux –, mais le téléphone va finalement nous sembler moins attrayant à l’instant T+1, T+2, et T+3. »

argument dissertation bonheur

Ce qu’on acquiert perd donc de sa valeur avec le temps, tout comme les relations humaines. « Quand on se met en couple avec une personne qu’on a désirée très longtemps, c’est la lune de miel. Puis s’installe une forme de monotonie, comme le montre le roman L’Amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder. » Les objets et les relations finissent par nous ennuyer et ce qui nous rendait heureux ne suffit plus.

Et dans ces moments, le seul moyen de sortir de l’ennui est de recréer du manque. « Donc on attend l’annonce du prochain iPhone, on est heureux de l’acheter dès sa sortie, puis on s’ennuie à nouveau. C’est un cercle infini. » Grand pessimiste, Schopenhauer illustre ce phénomène par une citation devenue culte (et qui sera parfaite dans votre dissertation) : « La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui » (dans Le Monde comme volonté et comme représentation ).

Une problématique qu’illustre parfaitement le manga (et son adaptation animée qui bénéficie de la voix d’Orelsan en VF) One Punch Man (de One et Murata). « Les héros de shōnens sont toujours en quête de puissance, mais Saitama est déjà le plus fort. Il ne ressent aucune satisfaction lors de ses combats, car il sait qu’il va écraser tous ses adversaires en un seul coup de poing. Il est donc bloqué dans la phase de l’ennui. » Il adorerait ressentir ce manque et souhaiter être le plus fort, « mais il est destiné à rester un chauve blasé ».

Un sentiment que partage Kaido dans One Piece , qui assure que « [l’on] s’ennuie lorsque l’on est sur le trône. On espère que quelqu’un viendra nous défier » . Une image qui renvoie, aussi, aux tyrans et grands rois « qui ont déjà tout » dans les récits fantastiques. « Ils ont toujours la main posée sur leur trône, mais ils espèrent parfois revenir à une vie plus modeste pour ressentir à nouveau du plaisir. » Dans One Punch Man , Saitama cherche donc à intensifier ses désirs, car il les a déjà tous assouvis.

Chainsaw Man et la maîtrise de ses désirs

La vraie question n’est donc pas « Le bonheur est-il le résultat de l’assouvissement de nos désirs ? », mais « Quels désirs faut-il chercher à assouvir ? ». Pour atteindre le bonheur, il faudrait les prioriser. Prenons l’exemple de Chainsaw Man (de Tatsuki Fujimoto). Le héros du manga se nomme Denji et il ne possède rien. Il vend ses organes pour subvenir à ses besoins, son père s’est suicidé en lui laissant toutes ses dettes, et il vit dans une cabane dans les bois avec un petit chien démon qui est sa seule interaction sociale.

Une vie très modeste qui serait embellie par une seule chose : du beurre sur sa tartine. « Son mode de pensée est très épicurien, car il classifie ses désirs. Son bonheur ne dépend que de petits besoins naturels et nécessaires. » Mais quand on commence à céder à d’autres types de désirs, plus vains, « on devient fondamentalement malheureux, parce qu’ils sont sans fin ».

Autrement dit, et pour répondre à ce bon vieux Schopenhauer, on ne peut pas supprimer le manque, mais on peut apprendre à le gérer pour avoir un oscillement beaucoup plus bas. « Par exemple, si on a soif, il vaut mieux désirer de l’eau. C’est beaucoup plus accessible et rapide, car tout le monde a un robinet chez soi. » Grand épicurien malgré lui, Denji nous apprend donc qu’il faut savoir maîtriser ses désirs pour être heureux – un point de vue qui nous rappelle celui d’un certain Baloo dans Le Livre de la jungle .

Un monde sans peur, mais avec beaucoup d’émotions

Si on en croit Makima dans Chainsaw Man , le seul moyen d’atteindre le bonheur est d’éradiquer la peur. « Mais c’est une idéaliste , prévient le professeur. Nous devons connaître ce sentiment pour apprendre à vivre avec et dépasser l’adversité. Par exemple, si on accepte le fait qu’on va tous mourir, on vit d’une manière plus paisible. »

À l’inverse, les émotions sont essentielles pour accéder à ce sentiment. « Saitama a perdu la capacité de les ressentir, c’est un homme profondément déprimé. Il est condamné à une forme de lassitude permanente. Quand bien même le bonheur se définit comme étant un état de satisfaction permanente, pour prendre conscience de la valeur de cette satisfaction, il faut avoir expérimenté son absence. »

argument dissertation bonheur

Comme le dit un adage populaire : « On ne connaît la valeur d’une chose que quand on l’a perdue. » Saitama s’est rendu compte de la valeur de ses émotions quand il ne les avait plus. Et si l’on reprend l’exemple (très concret) de l’iPhone, on réalise sa valeur seulement une fois qu’il est tombé, qu’il s’est cassé en mille morceaux, et qu’on doit le remplacer par le vieux Nokia de notre tante Yvette. « Nos émotions nous permettent de nous rendre compte de la valeur des instants positifs qui teintent notre vie. Elles sont essentielles. »

Les conseils de Gatsu Sensei

Pour réussir sa dissertation, le professeur conseille de bien distinguer les notions de « bonheur », « désir », « plaisir » et « joie ». Un point de vue partagé par Bergson dans La Conscience et la Vie , qui pense qu’il faut arrêter de chercher le bonheur et commencer à se mettre en quête de la joie. « Le bonheur est un état qui semble impossible à atteindre. À l’inverse, nous avons une boussole naturelle qui nous permet de nous rendre compte quand on est joyeux. »

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La joie est fondamentalement liée à l’acte de création, qui est significatif dans notre existence – comme celle d’un commerçant qui lance son entreprise, celle d’un étudiant en médecine qui réussit pour la première fois une opération à cœur ouvert, ou encore celle d’un compositeur qui écrit une grande symphonie. « Ces moments n’impliquent pas la reconnaissance des autres. Ils ne regardent que nous-mêmes. »

Et ils sont bien plus accessibles que le bonheur, sorte de mythe inaccessible. « Dans l’une de ses dernières vidéos, Le Rire jaune parle de l’ ikigai , un concept japonais qui s’intéresse à ce que l’on doit chercher dans la vie (passion, vocation…). C’est un peu l’équivalent de ce moment de joie chez Bergson. »

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Autre clé pour réussir sa copie : s’intéresser au rapport entre le bonheur et le temps, que l’on retrouve, notamment, dans les Pensées de Blaise Pascal. « En réalité, le temps pervertit notre conception du bonheur. Selon le philosophe, l’être humain est le seul animal à avoir conscience de son passé et de son futur. »

On idéalise notre passé, on ressent de la nostalgie, on appréhende le futur… On place toujours notre bonheur dans un passé qui est révolu ou dans un futur qui est à venir, mais jamais dans le présent qui est le seul temps qui nous appartient. Pourquoi ? « Parce qu’on a conscience du temps. Pour Pascal, si on veut être heureux, il faut savoir être dans le moment présent, mais c’est quasiment impossible. Et la meilleure réponse que l’on puisse lui donner est celle de Nietzsche dans les Considérations inactuelles. »

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Ce dernier prend pour exemple les vaches en train de paître dans un champ. « Si elles semblent heureuses, c’est simplement parce que leur seul bonheur est le fait de manger leur herbe à l’instant T. » Les animaux ont une vie non historique et Nietzsche nous dit qu’il faudrait apprendre à oublier. « Parfois, le passé peut être un traumatisme qui nous empêche d’agir et le futur une angoisse qui nous empêche d’agir. À l’inverse, le moment présent est celui où l’on s’oublie. »

On n’est jamais plus heureux que quand on retrouve nos amis pour boire un verre et refaire le monde. Le reste n’existe pas. « Je pense que ce serait super intéressant de développer une partie sur la valeur de l’oubli, telle que la développe Nietzsche, mais aussi le rapport de l’homme au temps, tel que le développe Pascal, dans votre copie. » Maintenant que votre cerveau a bien chauffé – comme après un bon cours de philo –, on vous laisse digérer tous ces conseils et, qui sait, peut-être trouver les clés du bonheur.

Cette fiche de révision s’inscrit dans une série d’articles qui vous permettront d’appréhender le bac de philosophie plus sereinement. Les précédents épisodes s’intéressaient à la notion de la justice, mais aussi aux conseils de Gatsu Sensei pour briller lors de l’épreuve.

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Agathe Renac

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À Barcelone, le Sónar se met sur son "31" : les 5 raisons d’aller au légendaire festival de musiques électroniques

L’ambiance unique catalane avec un public international.

Le festival Sónar célèbre sa 31e édition du 13 au 15 juin à Barcelone. Pionnier des festivals de musiques électroniques et des arts numériques, il attire plus de 120 000 personnes venues de toute la planète écouter cette année Air, Laurent Garnier, Charlotte De Witte ou Paul Kalkbrenner. Midilibre.fr vous fait gagner des places, rendez-vous sur notre compte Instagram.

Le Sónar, festival des musiques électroniques et des arts numériques, se met sur son "31" ! Voilà déjà trois décennies donc, que les festivaliers se pressent à Barcelone, qu’ils soient Espagnols, Catalans, Japonais, Anglais et bien sûr Français, un fort contingent de fêtards venus d’Occitanie grossissant chaque année les 120 000 personnes présentes. Pourquoi y aller ou continuer à y aller ? Voilà cinq bonnes raisons.

1 – Parce qu’il y a deux festivals en un

On ne change pas une formule éprouvée et gagnante depuis trois décennies : le deux festivals en un. L’événement se déroule du 13 au 15 juin, sur trois après-midi et deux soirées et donne rendez-vous aux festivaliers pour une fête de jour, dans le quartier de Montjuïc, plaza d’Espagna, jusqu’après le coucher du soleil. Puis le Sónar by night se poursuit en version dance-floor jusqu’au petit matin, dans les quartiers industriels de L’Hospitalet de Llobregat.

Le fil conducteur : "rassembler les pionniers de la dance music et des microscènes hyperlocales et une célébration de la diversité des genres de ce qu’est la musique électronique en 2024" détaillent les organisateurs. "C’est-à-dire de l’ambient à la drum 'n’bass, du happy hardcore au post-punk, le gabber et l’hyperpop."

La star du moment, la Belge Charlotte de Witte, présente son nouveau live.

On y retrouvera des pointures comme la Belge rouleau compresseur techno Charlotte de Witte ou les ingénieux Américains The Martinez Brothers roi d’Ibiza et le 15 juin de Barcelone donc, et le prince de l’électro-pop capable de soulever les foules : Paul Kalkbrenner.

2 – Pour voir Air jouer Moon Safari

Le disque parfait ? Le duo Air, Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel, a eu ce coup de génie : l’album Moon Safari sort en 1998, alliance ciselée entre un down-tempo atmosphérique et élégant, ode aux ambiances planantes et désinvoltes et des hymnes langoureux, comme "Sexy Boy", "Le voyage de Pénélope" ou "Kelly Watch The Stars", qui ont fait la marque de fabrique des Français reconnus à l’international.

Vingt-cinq ans après, bonne nouvelle : les deux Versaillais partent en tournée (à Montpellier le 12 juillet) et rejouent en entier "Moon Safari", pour le festival ce sera le vendredi 14 juin à 22 heures. Immanquable d’autant qu’ils seront accompagnés d’un live band au complet.

3 – Pour les concerts et live inédits

La programmation du Sónar regorge de pétites nouvelles ou déjà taillées dans le diamant parfois depuis plusieurs décennnies. Au hasard, piochons par exemple le tout nouveau live set DEX EFX X0X du Canadien, Richie Hawtin, légende de la techno de Détroit. Conçu pour recréer l’ambiance du clubbing avant les écrans géants et les lasers, il promet un retour aux sources avec un son et un éclairage immersifs.

Le Canadien Richie Hawtin, représentant de la techno de Détroit.

Ou encore la chanteuse londonienne Jessie Ware à la voix de velour qui part dans le néodisco funk à l’image de son album encensé "That ! Feels good !". Evoquons aussi le producteur originaire de Montréal, Kaytranada, et, le visage toujours caché sous un masque, le rappeur britannique Casisdead, qui mêle samples de jazz et synthés rétro dans ses productions.

Danseuse, ancienne joueuse de l’équipe nationale de basket-ball des Pays-Bas, l’artiste irano-néerlandaise Sevdaliza attire la curiosité, elle qui incarne le renouveau du r’nb futuriste et alternatif : voix rauque, lignes de basse typiques, elle manie vidéos, avatars et genres avec brio.

L’artiste américain Kerri Chandler, connu pour ses lives au piano.

Et puis comment ne pas citer l’immense Kerri Chandler qui va clôturer le Sónar pour le plus grand bonheur des amateurs de House et les passionnés de la danse : il joue un set complet disco, funk, House avec sa collection de cassettes "reel to reel" en hommage aux pionniers du clubbing.

4 Parce qu’il y a le "patron" Laurent Garnier

Pour beaucoup, c’est l’argument n°1 pour venir au Sónar. Laurent Garnier, le "patron" des musiques électros françaises, a une relation particulière au festival. Il devait naturellement s’y produire pour les 30 ans, en juin 2023, mais un souci de santé l’en a empêché.

Ce n’était que partie remise et il sera bien là, le vendredi 15 juin et sa prestation hors-norme le 26 mai dernier au Rosa Bonheur, aux Buttes Chaumont à Paris, montre qu’il est en pleine forme et plus heureux que jamais derrière les platines.

Interviewé en amont des 30 ans du Sónar, en 2023 il nous avait parlé du festival avec passion.

"J’ai joué au tout premier Sónar en 1993, c’est là où j’ai appris l’expression la puta madre (rires)… C’était dans une toute petite scène qui s’appelait la salle à Paulo, on découvrait Barcelone, le Sónar, et un mec est venu, complètement électrisé et m’a dit : "c’est la puta madre" après mon set… Je me disais mais qu’est-ce qu’il dit, et depuis j’utilise l’expression et je pense souvent à lui" nous disait-il.

Le patron des musiques électro françaises sera là et bien là.

"C’est normal et logique que je vienne. J’y vais parce que mon histoire est viscéralement liée au Sonar, à la ville de Barcelone, l’amour qu’il y a entre moi et le public barcelonais et espagnol en général, le sonar y est pour énormément ."

Le "patron" va s’y produire en fin d’après-midi, pendant trois heures, avec ce don hors du commun pour jouer la musique des autres mais aussi la sienne, nous rapportait aussi cette anecdote, lui l’amateur plus qu’éclairé de gastronomie.

5 Le renouveau de la diaspora latine… Et profiter de Barcelone

Le cap sur les nouveaux talents locaux s’accentue mais aussi de la diaspora latine s’accentue au festival et c’est une bonne nouvelle. Citons le collectif local Flinta Me Siento Extrana, fondé par la DJ Vénézuélienne Verushka avec l’enchaînement avec la reine actuelle du "Treggaeton" la Goony Chonga. A citer également, la DJ et productrice argentine Tayhana ou encore les andalous, "chouchous" des organisateurs Gazzi et Dalila, pour du breakbeat.

Le Sónar c’est aussi Barcelone, la ville, et ses spécialités. Toujours Laurent Garnier, nous disait, il y a plus d’un an, tout le bien de la gastronomie locale avec l’ancienne équipe historique du festival.

"En 1993, on ne connaissait pas la ville, on avait été bouffé dans des rades, on était mal tombé… Et j’avais dit que l’on mangeait mal à Barcelone. C’était il y a 30 ans, ça leur avait fait tellement de mal que l’année suivante ils m’ont dit : "tu vas voir si l’on mange mal à Barcelone" , depuis on ne se fait que des bons restos avec des bons vins espagnols dont je suis archi-fan."

C’est donc aussi l’occasion de visiter et profiter de la belle capitale catalane.

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Roland-Garros 2024 | Fini le temps des surprises dans le tableau féminin, place aux chocs dès les quarts de finale

Maxime Battistella

Publié 04/06/2024 à 00:11 GMT+2

Critiqué pour son imprévisibilité lors de la dernière décennie, le tennis féminin s'est trouvé une hiérarchie fiable et solide. Pour illustrer ce constat, rien de mieux que de regarder les affiches des quarts de finale du haut du tableau : toutes les têtes de série prévues sont au rendez-vous avec trois championnes en Grand Chelem (Swiatek, Vondrousova et Gauff) et une double finaliste (Jabeur).

Coco Gauff et Ons Jabeur à Roland-Garros en 2021

Crédit: Getty Images

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Dette : la France de Macron dans le tourbillon des taux d’intérêt

EN ATTENDANT STANDARD & POORS (3/5). Le paiement des intérêts de la dette publique pourrait devenir le premier poste de dépense de l’État dans un futur proche, devant le budget de l’Éducation nationale.

Par Sarah Dumeau

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Temps de lecture : 3 min

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E mmanuel Macron l'assure. « Il n'y a pas de dérapage dans les dépenses de l'État », a-t-il déclaré dans une interview à L'Express , mercredi 22 mai. Alors pourquoi le déficit public a-t-il atteint 5,5 % du PIB en 2023, alors que le gouvernement anticipait 4,9 % ? C'est à cause « des deux grandes crises qui sont venues impacter nos finances publiques : le Covid, avec le “quoi qu'il en coûte” […] et la guerre en Ukraine et ses conséquences sur les prix de l'énergie », justifie le chef de l'État.

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Si les crises successives ont bien entendu alourdi le déficit public, le problème remonte en réalité à bien plus loin. « Le dernier excédent public date de 1974 ! On a des déficits permanents », rappelle l'économiste Marc Touati. Et la présidence Macron n'a pas amélioré la situation, bien au contraire. Depuis le début de son premier quinquennat, le chef de l'État aura gratifié la France de 821 milliards d'euros de dette supplémentaire. Selon les prévisions réalisées par l'institut Molinari pour Le Point , il atteindra les 1 000 milliards entre janvier 2025 et janvier 2027.

Une habitude bien française. « On est sans arrêt dans une politique qui remet au lendemain les problématiques d'assainissement des comptes publics. À chaque fois qu'il y a une crise, la seule solution est de dégager du crédit », expliquait l'économiste Philippe Dessertine dans une interview au Point , le 22 mars. « Pendant des années, les dirigeants français n'arrêtaient pas de croire que la dette ne coûtait rien », abonde Marc Touati, le président du cabinet Acdefi (Aux commandes de l'économie et de la finance). Problème : ce n'est pas le cas. Comme pour les particuliers, les emprunts des États sont soumis à des taux d'intérêt. La France n'y échappe pas.

Hausse des taux

Après des années de taux d'intérêt très faibles, voire négatifs – les investisseurs payaient pour financer la dette de la France ! –, les taux directeurs ont atteint jusqu'à 4 % en 2023. Résultat : la charge de la dette, soit les intérêts payés pour la financer, a considérablement augmenté. « L'année prochaine, la charge de la dette atteindra 75 milliards d'euros, ce sera le premier poste de dépenses de l'État. Donc l'argument qui consiste à dire que la dette ne coûte rien, est faux », affirme Marc Touati.

De son côté, Bercy, toujours optimiste, estime que cette charge atteindra 72,3 milliards d'euros en 2027. Une certitude : pour 2023, ces intérêts s'élèvent à 50 milliards, selon Fipeco. « C'est déjà l'un des plus gros budgets de l'État », pointe Marc Touati.

À titre de comparaison, le budget alloué à la Défense en 2023 est de 43,9 milliards d'euros et celui de l'Écologie de 35,7 milliards d'euros, selon le projet de loi de finances. Selon les chiffres – probablement optimistes – contenus dans le programme de stabilité présenté par Bercy, la charge de la dette atteindra 54 milliards en 2025, 62 milliards en 2026 et 72 milliards en 2027.

« C'est de l'argent qui n'est pas utilisé dans le social ni dans les hôpitaux ou autres, insiste l'économiste Marc Touati, cela crée un cercle pernicieux de la dette : il faut s'endetter juste pour rembourser ses intérêts. » Avec, à terme, une incapacité à investir dans les enjeux de notre époque. « Au niveau européen, il faut investir au regard de la situation américaine ou chinoise avec le soutien public à leur économie », estime l'économiste à l'OFCE Mathieu Plane.

3 101,2 milliards C'est le montant de la dette publique française en euros à la fin de l'année 2023.

Deux des trois agences de notation les plus influentes sur les marchés financiers, Fitch Ratings et Moody's, ont mis à jour leur évaluation de la solvabilité de la  dette publique  française, le 26 avril. Cette révision de la note financière de la France a lieu tous les six mois. Plus de peur que de mal : la France a échappé à une sanction et  les deux agences ont maintenu leurs notations , ainsi que leurs perspectives, inchangées. Standard & Poor’s (S & P), considérée comme l’agence la plus influente de toutes, livrera, quant à elle, son verdict vendredi 31 mai. Avant cette échéance, Le Point  vous propose une série en cinq épisodes pour tout comprendre de la situation des finances de la France. Dette : Macron, le président qui n'arrête pas de signer des chèques La dette explose, les services publics se dégradent, Macron regarde ailleurs Dette : la France de Macron dans le tourbillon des taux d'intérêt La France de Macron, championne de la dette, lanterne rouge en tech

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Commentaires (43)

À lire avant de se fourvoyer dans un vote le Pen Bardella : le dernier numéro de Challenges sur l'analyse du catastrophique programme économique du RN... 101 milliards de déficit budgétaire supplémentaires par an... Du sérieux et du lourd... Mais bien sûr, les lepenolâtres vont affirmer que tout cela est orienté et faux, évidemment...

Peut être qu il faut que LFI ou RN arrive au pouvoir. Qu on touche bien le fond peut être qu on remontera après…

Ce macron, on va avoir du mal à s'en remettre après son passage calamiteux aux affaires en orientation et en coût ! Quel gâchis !

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    Philosophie. Exemples de sujets de dissertation de philosophie sur le bonheur. 8 févr. 2021 Nos astuces. Quels sujets possibles pour une dissertation en philosophie sur le bonheur ? Le bonheur dépend-il de nous ? Entre la vertu et le bonheur, où se situe l'Homme ? Etc. Credit Photo : Pexels Lisa Fotios. Sujet 1 - Le bonheur dépend-il de nous ?

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    Le bonheur est défini comme un état durable de satisfaction de tous les désirs . Est heureux celui qui ne souffre plus d'aucun manque ou frustration ( désir insatisfait), ni d'aucune angoisse (peur qu'un désir se trouve insatisfait).

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  9. Le Bonheur

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  19. La question morale du bonheur

    Un premier argument s'impose immédiatement : le bonheur ne relève pas de la morale, c'est-à-dire du commandement par quoi la raison s'impose à la sensibilité, puisqu'il relève de cette sensibilité même - et qu'il va dès lors de soi qu'un être sensible le souhaite pour la seule raison qu'il est sensible.

  20. Formuler un bon argument pour sa dissertation de philosophie

    Dans votre dissertation de philosophie, vous allez utiliser des arguments pour justifier les différentes réponses au sujet. Comme vous faites un plan dialectique en trois parties, il vous faudra à chaque fois au moins deux arguments par partie soit au minimum 6 arguments dans votre copie.

  21. Pour trouver le bonheur, faut-il le rechercher ? (juin 2017)

    Comprendre le sujet. La question porte sur les voies qui permettent d'accéder au bonheur et sur les moyens à mettre en œuvre pour l'atteindre. Il s'agit donc ici de savoir si le bonheur dépend des circonstances ou si nous sommes en mesure d'agir sur notre existence pour devenir les artisans de notre bonheur.

  22. Dissertation : L'argent fait-il le bonheur

    Dans cette dissertation nous examinerons d'abord la relation entre l'argent et le bonheur. Puis nous nous pencherons sur l'existence d'une potentielle source de malheur amené par l'argent. Enfin, nous verrons que la fonction de l'argent n'est pas directement attribué au bonheur mais à la réalisation ainsi que l'accomplissement de soi.

  23. Antigone

    - Bonheur impossible pour Antigone car elle ne se projette pas dans l'avenir puisqu'elle est condamnée à mourir. Il n'y a pas d'avenir possible pour elle, mais aussi pour son oncle qui ne parvient pas à répondre à la succession de questions qu'elle lui pose (« Quel sera-t-il mon bonheur ?

  24. comment réviser la notion du bonheur avec les mangas

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